Nous sommes en pleine semaine décisive à Wimbledon, le tournoi de tennis le plus prestigieux au monde, où les habituels signes de tradition sont omniprésents :
Des joueurs vêtus de leur tenue blanche immaculée, des célébrités élégamment habillées dans la loge royale, et des spectateurs dégustant leur classique bol de fraises à la crème.
Et… les cris. Beaucoup de cris.
Si vous suivez le tennis professionnel, difficile de ne pas remarquer ces sons caractéristiques. De nombreux joueurs émettent des bruitages en frappant la balle, allant du simple grognement étouffé au cri perçant, une expression audible de leur effort sur le court.
Cette particularité fait l’objet d’un débat de longue date dans le monde très codifié du tennis, certains fans et d’anciennes gloires reprochant même ce vacarme excessif.
Martina Navratilova, légende du tennis, avait déclaré : « Ce n’est pas nécessaire. Il n’y a aucune raison de faire ce bruit en frappant la balle. Nous ne soulevons pas 90 kilos au-dessus de notre tête. »
Autrefois, cette critique était surtout dirigée – peut-être un peu injustement – vers les joueuses. Maria Sharapova, célèbre pour ses cris impressionnants, avait même vu leur intensité mesurée à 101 décibels, soit à peu près le bruit d’un marteau-piqueur. Lors de la finale de l’Open d’Australie 2012 opposant Sharapova à Victoria Azarenka, elles avaient été surnommées les « reines du hurlement ». Serena Williams, parmi les plus grandes joueuses de l’histoire, faisait elle aussi partie des adeptes du grognement sonore.
La Women’s Tennis Association (WTA) avait tenté en 2012 d’atténuer ces exclamations en collaborant avec les entraîneurs et académies pour encourager un peu plus de silence sur le court.
Mais récemment, ce sont plutôt les joueurs masculins qui se sont retrouvés sous le feu des critiques, et même sanctionnés pour leurs cris.
Lors d’une demi-finale de Wimbledon en 2023 contre Jannik Sinner, Novak Djokovic a ainsi perdu un point à cause d’un long grognement après un revers parfait. L’année précédente au tournoi de Roland-Garros, Stefanos Tsitsipas s’était plaint à l’arbitre d’un « grognement prolongé » de Carlos Alcaraz lors d’un moment-clé, reprochant ce son intempestif juste avant qu’il ne frappe la balle.
Alors, pourquoi les joueurs de tennis grognent-ils autant ? Les experts avancent plusieurs explications. Ils soulignent aussi que, bien que ces bruits puissent agacer les spectateurs, ils ont un effet positif sur la performance.
- Le grognement aide à mieux contrôler la respiration.
- Il peut déstabiliser l’adversaire.
- Il favorise la puissance du coup.
Points à retenir
- Le grincement vocal sur les courts se débat entre tradition et nuisance sonore, suscitant autant d’amour que de grognements (au sens propre).
- Alors que les critiques visaient surtout les joueuses dans le passé, les messieurs sont désormais sur le grill, rappelant que le tennis est un sport universel… pour les baffes acoustiques aussi.
- Plus qu’un simple tic, le cri semble un outil bien rodé : respiration optimisée, perturbation de l’autre joueur et coup plus rapide, le combo gagnant.
- Des sanctions sont déjà tombées, mais on se demande s’il faut punir ce grand moment de théâtre ou encourager le concert spontané sur gazon.
En somme, le tennis est devenu un spectacle où l’effort s’exprime autant par la raquette que par la voix. Il ne reste plus qu’à savoir si, un jour, on fournira aussi des bouchons d’oreilles aux spectateurs, ou si on accueillera les cris comme la bande-son officielle du jeu. Enfin, entre nous, l’ambiance est quand même plus animée qu’un simple chuchotement… non ?