mar. Juil 21st, 2026

Une ancienne juge de ligne de Wimbledon dévoile la dure réalité à laquelle ses anciens collègues doivent désormais faire face – qu’elle qualifie de « majordomes » – suite à l’introduction de la technologie IA à SW19.

Le All England Lawn Tennis Club a officiellement remplacé les emblématiques juges de ligne, présents au tournoi du Grand Chelem depuis 148 ans, par une technologie automatisée.

Mais cette première expérience à Wimbledon s’est rapidement heurtée à de nombreuses critiques, des joueurs britanniques comme Jack Draper et Emma Raducanu pointant du doigt des décisions erronées que ni les joueurs ni les arbitres ne peuvent contester ou annuler.

Un incident marquant a révélé que le système électronique avait été désactivé durant un moment crucial du troisième tour entre Sonay Kartal et Anastasia Pavlyuchenkova, amenant la Russe à estimer que son match lui avait été « volé ».

Autre embarras : lors du quart de finale opposant Taylor Fritz à Karen Khachanov, l’IA a sifflé deux fautes de service en confondant un déplacement en jeu et le geste du service américain.

Tandis que les robots tiennent désormais la place principale, quelques juges de ligne humains subsistent, mais réduits à un rôle bien différent, celui d’« assistants de match ».

Leurs nouvelles missions ? Accompagner les joueurs aux toilettes, ouvrir les tubes de balles neuves, et apparaître lors d’événements liés aux sponsors, comme la marque Ralph Lauren.

Un assistant de match ouvre un tube de balles neuves à Wimbledon

Un ancien juge de ligne témoigne sur la dégradation humiliante des rôles de ses anciens collègues à cause de l’IA (ici, un assistant de match ouvre un tube de balles à SW19).

Pauline Eyre, ancienne juge de ligne active entre 1988 et 2003 sur plusieurs matchs d’envergure, confie au quotidien britannique Mail Sport que cette décision pourrait nuire gravement au tennis.

« Désormais, il y a deux assistants de match sur chaque court, qui se placent sur la ligne de service, donnant l’illusion qu’ils arbitrent, mais ce n’est plus le cas », explique-t-elle.

« Leur rôle est d’assister l’arbitre pour gérer les balles, superviser les ramasseurs – bien que ces derniers soient déjà très compétents – et accompagner les joueurs lors de leur pause toilettes, car ils ne peuvent recevoir de soins sans être accompagnés. Ils doivent aussi veiller au respect du temps imparti. Voilà, c’est tout. »

Elle ajoute que cette fonction, autrefois très technique, est désormais vidée de sa substance : « Ils sont devenus de simples majordomes. »

La juge de ligne se souvient avec humour des tenues autrefois portées par ses collègues, qu’elle qualifiait elle-même de « costumes un peu clownesques », mais aussi d’éléments emblématiques et plaisants, notamment en termes de sponsoring.

« À présent, c’est juste une image rétro et élégante, parfaite pour les partenariats comme avec Ralph Lauren. Ils incarnent une vision dépassée du majordome, là uniquement pour servir, alors qu’avant ils étaient des professionnels qualifiés. »

La technologie d’appel de balles a remplacé les juges de ligne humains à Wimbledon, en donnant lieu à des erreurs

Les juges de ligne ont disparu à Wimbledon au profit d’une technologie électronique qui accumule les erreurs par moment.

Pauline Eyre souligne le prestige autrefois attaché à ce rôle : « Il fallait beaucoup d’expérience et de compétences pour être choisi sur le court central. C’était un privilège énorme. »

Elle reste en contact avec plusieurs anciens collègues qui officient toujours au tournoi, et note qu’alors que certains sont heureux d’y être, d’autres trouvent l’expérience plutôt morne.

« Beaucoup ressentent une certaine lassitude et une perte, notamment celle des collègues partant et d’une ambiance animée désormais réduite à une poignée de personnes. Avant, c’était une effervescence avec 300 officiants, aujourd’hui c’est bien plus restreint. »

Pour elle, cette évolution reflète un problème plus général : « On accepte très facilement les nouvelles technologies sans questionner leur réelle utilité sociale ou culturelle. En vérité, l’IA nous prive de nos emplois et diminue nos compétences. »

Sans les juges de ligne, les images classiques de Wimbledon semblent « retouchées », juge Eyre, qui note que l’abandon des gestes humains au profit de panneaux lumineux, comme on l’a vu à Queen’s, rend les scènes « un peu ridicules ».

« Voulons-nous vraiment transformer le sport en quelque chose de parfait et stérile ? C’est l’humanité qui rend le tennis vivant », rappelle-t-elle.

Cette absence de dimension humaine a un impact même lors d’incidents touchants, tels que la blessure de Grigor Dimitrov, où aucune machine ne peut remplacer la compassion d’un juge ou arbitre présent sur le terrain.

Malgré toutes ces critiques, Pauline Eyre estime que la technologie est vouée à s’installer définitivement à Wimbledon, au grand regret des passionnés de la tradition.

Emma Raducanu critique la technologie d'arbitrage au tournoi

Emma Raducanu, l’une des stars britanniques, qualifie récemment cette technologie de « douteuse ».

En attendant, Pauline Eyre prépare un spectacle de stand-up au Festival d’Édimbourg, où elle reviendra avec humour sur son expérience de juge de ligne à Wimbledon.

Points à retenir

  • La technologie IA remplace désormais les juges de ligne humains à Wimbledon, après 148 ans de tradition.
  • Les erreurs techniques sont nombreuses et parfois embarrassantes, mettant en difficulté joueurs et arbitres.
  • Les juges humains ont été relégués à des rôles accessoires, type « majordomes », ouvrant les tubes de balles ou escortant les joueurs aux toilettes.
  • Cette évolution suscite une perte d’ambiance et un sentiment de vide pour certains anciens officiels.
  • Le passage à l’automatisation pose aussi un vrai problème dans des moments émotifs où l’humain apporte une vraie valeur ajoutée.
  • Malgré tout, la technologie semble appelée à s’imposer durablement, quitte à en perdre un peu du charme et de la magie du tournoi.
  • Les tenues colorées et parfois jugées « clownesques » des juges de ligne faisaient aussi partie du folklore du tournoi — aujourd’hui, à quoi bon quand on devient assistante de service ?

Il faut bien avouer que remplacer une présence humaine par une machine, c’est un peu comme changer une tasse de thé artisanale par une boisson instantanée. Certes, ça va plus vite et c’est moins cher, mais est-ce vraiment ça qu’on veut apprécier sous le soleil de Wimbledon ? Entre glam’ rétro et techno froide, il semblerait que nos irréductibles juges de ligne aient passé le relais… Mais la nostalgie, elle, ne sera jamais hors-jeu.


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By Jordan Jarson

Entrepreneur passionné par le business web et le webmarketing, j'ai mon propre site e-commerces et je m'occupe d'améliorer sa visibilité en ligne. À temps perdu, je fouille le net à la recherche de pépites que je partage à la communauté.

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