Alexander Zverev a triomphé lundi en quart de finale du Masters 1000 de Canada face à Alexey Popyrin. Plus marquant encore que sa victoire contre le tenant du titre, c’est sa maîtrise de la frustration après avoir perdu le premier set au tie-break, alors qu’il avait les opportunités pour le remporter. Cette nouvelle approche de son tempérament, il l’a expliquée en conférence de presse.
« Il y a quelques années, j’aurais sûrement cassé ma raquette. Mais ça, c’est du passé. La dernière fois que j’ai brisé une raquette remonte à deux ou trois ans, je ne me souviens plus très bien. Et je n’ai pas l’intention de recommencer », a déclaré le joueur allemand de 28 ans, actuellement 3e mondial, connu dans ses débuts pour un caractère aussi explosif sur le court qu’en dehors.
En vue de son prochain match mercredi contre Karen Khachanov pour une place en finale à Toronto, le Hambourgeois a partagé les raisons de cette nouvelle sérénité qui l’accompagne depuis plusieurs mois, et qui l’a même plongé dans une forme de dépression, comme il l’avait confié à Wimbledon où il avait dit se sentir « vide » et « très, très seul ». « Il faut accepter qui l’on est vraiment. Je l’ai déjà dit, mais maintenant que je suis père, je veux être un bon exemple. Je veux aussi que l’on se souvienne de moi pour mon tennis, pour mes exploits sur le court », a précisé « Sascha ».
Un exemple à suivre aussi en dehors du terrain
« Et aussi pour ce que je fais de bien en dehors du tennis. Je ressens que mon travail avec ma fondation et ma famille peut vraiment aider beaucoup de gens à travers le monde. Je préfère donc être reconnu pour cela plutôt que pour les colères que je pouvais avoir », a ajouté le joueur allemand, qui avait été un temps fragilisé par des accusations très graves de violences domestiques, finalement classées sans suite à travers des accords à l’amiable.
Il a aussi expliqué s’être inspiré d’un modèle emblématique : Roger Federer. « Cela vient de Roger. Il avait aussi des accès de colère impressionnants, puis il a changé, pour devenir cette version presque parfaite que nous connaissons tous. Ce n’était pas inné. Quelque chose s’est passé dans sa tête, il a décidé d’être différent sur le court. »
Points à retenir
- Alexander Zverev a réussi à canaliser son tempérament impulsif, un gros changement par rapport à ses débuts où la raquette volait souvent.
- La paternité et la prise de conscience personnelle ont joué un rôle crucial dans cette transformation.
- Il souhaite désormais que son héritage soit lié à son tennis et à ses engagements hors du terrain, notamment via sa fondation.
- Son parcours n’a pas été exempt d’ombres, avec des accusations graves qui ont marqué sa carrière, même si elles ont été légalement écartées.
- Cette métamorphose s’appuie aussi sur l’exemple d’un Federer lui-même passé par une phase de rébellion avant de devenir l’icône calme et posée que l’on connaît.
Alors voilà, Zverev a troqué son prolongement de colère pour un tableau plus apaisé, à la faveur d’une introspection qui aurait pu sembler impossible il y a quelques années. C’est assez fascinant de voir comment un coup de raquette peut désormais se transformer en coup de maître. Il reste à savoir si ce nouveau Sascha saura aussi, avec un brin d’humour, nous surprendre et nous prouver que la meilleure partie du spectacle n’est pas toujours celle qu’on attend forcément – parce qu’après tout, qui n’aime pas un peu de piquant dans un match de tennis ?