La Fédération de tennis du Chili se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Mardi après-midi, il a été révélé que l’Institut national des sports (IND) a ouvert une procédure à son encontre.
L’organisme, rattaché au ministère des Sports, entend vérifier le respect des obligations légales, réglementaires et statutaires qui encadrent actuellement les fédérations sportives du pays.
Selon les éléments communiqués, cette démarche fait suite à une dénonciation évoquant l’existence, au sein de la Fédération, d’associations affiliées qui ne mèneraient pas d’activités réelles. L’accusation vise notamment des structures qui fonctionneraient surtout pour conserver leur qualité de membres de la fédération.
Le document évoque également des “clubs de papier” : des entités qui ne disposeraient pas de terrains, ni d’équipements sportifs, et dont l’existence ne s’accompagnerait d’aucune activité fédérative.
Dans ce cadre, l’IND a demandé à la Fédération de tennis du Chili de transmettre les documents relatifs aux associations et clubs affiliés, ainsi que des informations sur leurs mécanismes internes : fonctionnement des commissions et plaintes déposées au cours de l’année 2026.
La Fédération dispose de dix jours ouvrables pour répondre au signalement et fournir les éléments demandés.
Ce qui pèse sur la Fédération de tennis du Chili et sur Milovan Kegevic
D’après des informations déjà rendues publiques il y a quelques semaines, l’un des dossiers sensibles touchant le nouveau président, Milovan Kegevic, concerne un différend judiciaire avec les propriétaires du complexe sportif Valle Dorado, situé à Villa Alemana.
Le conflit serait né après que les responsables du site ont constaté que Kegevic utilisait les installations pour des activités personnelles et professionnelles. Par la suite, le dirigeant aurait engagé des démarches civiles en faisant valoir qu’il disposait d’un contrat de prêt (comodato) autorisant l’usage des lieux.
Un autre épisode déjà mentionné concerne les Jeux sportifs nationaux de Temuco en 2024. Quatre joueuses et joueurs de la région de Valparaíso — Laura Rodríguez, Sébastian Vera, Alonso Linares et une athlète qui a choisi de ne pas divulguer son nom — auraient adressé à la Fédération une série de irrégularités liées au processus de sélection, à l’inscription et à la participation de la délégation régionale.
Points à retenir
- L’IND veut vérifier la conformité de la Fédération sur le plan juridique et statutaire, et pas seulement “sur le ressenti”.
- Le dossier parle d’associations qui existeraient surtout pour rester affiliées, sans développer d’activités concrètes.
- La mention de “clubs de papier” pointe un manque de terrains, d’équipements et d’activité fédérative.
- La Fédération a 10 jours ouvrables pour produire les informations demandées : dossiers des affiliés, fonctionnement interne et plaintes.
- En arrière-plan, Kegevic fait aussi face à des sujets sensibles : un conflit autour du complexe Valle Dorado et des accusations d’irrégularités lors de la sélection en 2024.
Au fond, ce qui m’intéresse dans cette affaire, ce n’est pas seulement le tennis : c’est la manière dont une organisation sportive peut être structurée pour servir le sport… ou, à l’inverse, pour remplir des cases administratives. En tant que journaliste, je considère qu’il faut de la clarté, des pièces et des réponses vérifiables — parce qu’avec un minimum de transparence, on économise beaucoup de zones grises. Et je pense que le sport mérite autre chose que des “clubs de papier”.