Dans un quart de finale de Wimbledon qui a tenu presque toute la journée, Novak Djokovic (39 ans) a battu le Canadien Félix Auger-Aliassime en 5 sets : 7-6, 3-6, 6-3, 6-7, 7-6. Au passage, la rencontre s’est installée comme la plus longue de l’histoire du tournoi à ce stade.
Avec ce succès, Djokovic confirme qu’il est encore en forme pour enchaîner les matchs dans des conditions éprouvantes. Sa quête de 25e titre du Grand Chelem continue, et la suite du tableau réserve un autre gros morceau : Janick Sinner, numéro 1 mondial, l’attend en demi-finale.
Ce match a aussi marqué un jalon impressionnant pour le Serbe : c’était son 120e match à Wimbledon, un record chez les hommes. Il a par ailleurs dépassé son ancien repère historique en nombre de victoires, sur la base de 107 succès pour lui contre 105 pour Federer à l’époque.
De plus, Djokovic a atteint pour la 55e fois les demi-finales dans un Grand Chelem, et pour la 15e fois à Wimbledon, là encore avec une référence personnelle. À 39 ans et quelques jours, il a aussi figuré parmi les demi-finalistes les plus âgés de l’histoire du tournoi, juste derrière Ken Rosewall.
Sur le plan statistique, c’est également une série qui se poursuit : le 50e match en cinq manches de sa carrière dans un Grand Chelem. Il a ainsi dépassé Stan Wawrinka (49) et s’est emparé du record de l’ère moderne. Dans le top, on retrouve encore Roger Federer (48), Lleyton Hewitt (45) et Fernando Verdasco (45).
Novak Djokovic a battu Félix Auger-Aliassime en quart de finale à Wimbledon
Mais au-delà des chiffres, le match a aussi coûté cher sur un autre terrain : celui de l’énergie mentale. Djokovic s’est notamment montré mécontent après la décision d’ouvrir/fermer le toit sur le court central, jugée trop tardive… puis trop soudaine. En bref : au moment où il fallait s’organiser, le timing n’a pas vraiment été au service de la stabilité.
Le Serbe a rappelé que, lors d’un match précédent, la fermeture du toit avait été programmée plus tard, tandis que cette fois, l’organisation a semblé modifier le plan en cours de match. Son message était clair : il demandait une logique constante, pas un ajustement “au feeling”.
Le discours n’a pas changé la suite : le toit a finalement été fermé après le deuxième set, avec une reprise de l’échauffement et une interruption d’environ 20 minutes. Auger-Aliassime, lui aussi, a plaidé pour que la rencontre continue sous toit ouvert, mais Wimbledon, avec ses règles parfois particulières, n’a pas cédé.
Le tournoi a aussi rappelé un autre point : le respect de certaines contraintes de fin de soirée. À 23h, un arrêt lié au couvre-feu a empêché la fin d’un match entre Alexander Zverev et Jiri Lehečka. Dans le même rythme, Djokovic et Auger-Aliassime étaient eux aussi au bord de ne pas terminer. Leur solution a été radicale : ils ont décroché une victoire qui a laissé peu de marge… mais ils ont fini à 22h54.
Le Serbe a ajouté une précision, en commentant son état d’esprit après le match : il a parlé d’équilibre, de nerfs à gérer et d’un final qui pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. Il a aussi fait passer une image plus familiale : après le quatrième set, il avait demandé aux enfants d’aller dormir… sans grand succès. Une méthode qui, au moins sur le plan sportif, n’a pas semblé porter préjudice.
Reste maintenant le vrai sujet : la récupération. Avant d’affronter Sinner, Djokovic doit remettre son corps d’aplomb. Leur bilan en tournée est actuellement 6-5 pour Sinner, et sur les Grands Chelems, ils sont à égalité 3-3. Sur l’herbe de Wimbledon, l’avantage est à Djokovic : 2-1.
À ce stade, la communauté tennistique n’a pas vraiment lésiné sur les compliments. On a surtout retenu une idée : à cet âge, dans ces conditions, et après une rencontre aussi longue, Djokovic joue encore au-dessus de ce qu’on voudrait “logiquement” attendre. Et quand certains s’interrogent sur “ce que ça donnera contre Sinner”, la réponse la plus honnête, c’est que l’histoire ne fait pas semblant : elle continue.
Points à retenir
- 5h15 de combat : Djokovic signe le match le plus long de l’histoire de Wimbledon à ce stade.
- Record en vue : 120e match à Wimbledon, avec un historique de victoires qui le place clairement dans une autre catégorie.
- Le toit n’a pas été qu’un détail : la décision d’organiser la fermeture a nourri une dispute… avant que le calendrier ne reprenne ses droits.
- Le timing du couvre-feu a ajouté une couche de stress : il fallait rester dans les temps, sans transformer le dernier set en “option lifestyle”.
- La suite, c’est Sinner : les statistiques existent, mais après un match pareil, c’est surtout la récupération qui fait office de pronostic discret.
Personnellement, je trouve fascinant que tout le monde parle des records, alors que ce qui me frappe le plus, c’est la capacité à encaisser l’imprévu : le toit, les interruptions, la pression du chrono, puis encore un adversaire qui ne lâche pas. Et maintenant, Djokovic doit remettre ça sur le terrain face au numéro 1. Je n’attends pas un match “facile” : j’attends un duel où l’endurance et la tête seront aussi décisives que les coups. En tant que journaliste, je ne peux pas m’empêcher d’insister : ce genre de performances rappelle pourquoi le tennis compte—et pourquoi il mérite qu’on respecte sa dramaturgie, au lieu de la réduire à de simples cases statistiques.