Le tournoi de tennis par excellence de l’année se joue cette fois encore sur la pelouse du All England Lawn Tennis and Croquet Club, à Londres. Oui, celui qu’on connaît tous : Wimbledon. Troisième Grand Chelem de la saison (sur quatre), il reste un rendez-vous incontournable du calendrier… et en Allemagne, il réveille aussi de bons souvenirs, notamment grâce à Boris Becker, auteur de ses plus grands exploits sur ces courts.
Les qualifications des joueuses et des joueurs se déroulent du 22 au 25 juin. Le tableau principal débute ensuite le lundi 29 juin à Londres. Outre les simples messieurs et dames, la “pelouse sacrée” accueille aussi trois compétitions en double : dames, messieurs et double mixte. L’événement se termine avec la finale du simple messieurs le dimanche 13 juillet. La finale dames, elle, a lieu le samedi juste avant.
Pour la diffusion, Wimbledon change encore une fois de logique : le tournoi est proposé exclusivement via Amazon Prime Video. Le service de streaming a remplacé le diffuseur payant Sky, qui assurait auparavant les retransmissions. Résultat : pas de diffusion linéaire, uniquement en ligne.
Après les débats bruyants autour des primes des Grand Chelems, l’organisation de Wimbledon annonce une hausse significative. Au total, l’enveloppe atteint l’équivalent de 74,3 millions d’euros. Soit environ 20 % de plus qu’une année auparavant. Concrètement, même les meilleurs ne jouent pas “pour le symbole” : le vainqueur du simple touche 4,17 millions d’euros environ.
Autre sujet, plus électrique : juste avant Wimbledon, un conflit public éclate une nouvelle fois entre joueurs et organisateurs. Déjà en avril 2025, des stars du circuit ATP et WTA avaient adressé un courrier commun aux organisateurs des quatre Grand Chelems pour demander une participation des joueurs aux revenus, à hauteur de 22 %. Et lorsque la prime globale du tournoi (61,7 millions d’euros) a été annoncée, les protestations ont repris de plus belle.
En guise de réponse, les joueurs réduisent leurs activités médiatiques avant le coup d’envoi : direction 15 minutes, le temps de dire les choses… vite. Cela ne change toutefois pas la réalité du terrain : un titre rapporte très bien. Sur le plan financier, Wimbledon reste difficile à boycotter longtemps, même quand on râle.
Le tableau principal se construit avec un système bien rodé : les 104 premiers au classement mondial entrent directement. En cas de forfait, on complète selon le classement. Ensuite, 16 places chez les hommes et 16 chez les femmes sont attribuées via les qualifications, tandis que les organisateurs disposent aussi de huit wildcards de chaque côté. On obtient ainsi des tableaux de 128 joueurs.
À la lecture de la liste des engagés, le constat est clair : presque tous les meilleurs sont à Wimbledon. Chez les hommes comme chez les femmes, une grande partie du top 50 répond présent sur la pelouse. Et il y a tout de même un absent majeur : Carlos Alcaraz.
L’Espagnol doit déclarer forfait en raison d’une blessure au poignet droit. Il a déjà raté plusieurs rendez-vous, dont les Masters de Madrid et Rome, ainsi que Roland-Garros. La blessure remonte à avril, lors du premier tour à Barcelone, puis il s’est retiré après sa victoire contre Otto Virtanen.
Du côté des hommes, Lorenzo Musetti (Italie, numéro 15 mondial) doit encore se remettre d’une blessure à la cuisse. Valentin Vacherot (Monaco, 18) est aussi absent à cause d’une blessure au pied. Enfin, Holger Rune (Danemark, 79) n’est pas encore prêt : huit mois après une rupture du tendon d’Achille, il continue sa progression.
Les deux absences les plus médiatisées chez les femmes s’expliquent aussi par la santé : Victoria Mboko (Canada, 9) s’est blessée au genou lors d’un tournoi de préparation à Queens, tandis que Hailey Baptiste (États-Unis, 31) a subi une grosse blessure au genou à Roland-Garros.
En Allemagne, les attentes reposent notamment sur Alexander Zverev (Hambourg, 3). Il est le seul Allemand “placé” dans le simple grâce à son classement. Et comme Alcaraz est absent, Zverev se retrouve même à nouveau dans le haut de la liste des têtes de série. Derrière, Yannick Hanfmann (Karlsruhe, 55), Jan-Lennard Struff (Warstein, 77) et Daniel Altmaier (Kempen, 59) sont aussi qualifiés directement. Deux autres joueurs allemands, Tom Gentzsch (Duisburg, 217) et Henri Squire (Düsseldorf, 235), se sont arrêtés en qualifications.
Chez les femmes, Laura Siegemund (Filderstadt, 40) mène logiquement la délégation allemande, mais elle n’est pas tête de série. Tamara Korpatsch (Hambourg, 79), Eva Lys (Hambourg, 77) et Ella Seidel (Hambourg, 97) figurent elles aussi au tableau principal. Même Tatjana Maria (Bad Saulgau, 112) n’a pas eu besoin de passer par les qualifications : au moment de la clôture des inscriptions, elle se trouvait encore dans la limite des 104 meilleures au classement.
Les joueuses éliminées en qualifications incluent notamment Noma Noha Akugue (Reinbek, 152), Caroline Werner (242), Mona Barthel (Bad Segeberg, 208) et Anna-Lena Friedsam (Neuwied, 218). Bref, la pelouse n’a pas fait de cadeaux.
Récemment, Zverev a enfin tourné une page : grâce à son titre à Paris, il a retiré l’étiquette qui le suivait — celle de ne pas avoir de Grand Chelem. Reste la question : sera-t-il capable de transformer l’élan en résultat à Wimbledon ? Tennis-figure emblématique, Boris Becker le voit comme une possibilité très crédible : pas de raison, selon lui, que Zverev ne gagne pas à Wimbledon.
En préparation, Zverev a atteint le demi-final à Halle, dans le Westphalie. Il a ensuite buté sur des soucis liés à sa maladie, avant d’être stoppé par Taylor Fritz. Sa forme actuelle plaide pour une progression : passer le cap des huitièmes, ce serait déjà une belle histoire. En 2024, il avait pourtant connu un creux, avec une sortie dès le premier tour.
Les autres Allemands seront plutôt les “outsiders” — même si, sur gazon, Wimbledon n’a jamais été une machine à produire uniquement des favoris. Laura Siegemund avait d’ailleurs connu un parcours remarqué en 2025, stoppée aux quarts. Trois ans plus tôt, Tatjana Maria était même allée jusqu’au demi-final. Et actuellement, Daniel Altmaier semble dans une dynamique intéressante.
Chez les hommes, l’étiquette “favori” est aussi écrite en grosses lettres… mais pas forcément au bon endroit. Le défenseur du titre, Jannik Sinner, est le grandissime nom à battre. L’absence d’Alcaraz laisse une place encore plus évidente au numéro un italien. Sinner n’a toutefois pas joué de match officiel depuis sa sortie surprise au deuxième tour à Roland-Garros — de quoi alimenter les conversations, comme toujours avant Wimbledon.
Avant de débuter, Sinner s’est remis en route en participant à un tournoi invité au Hurlingham Club à Londres : victoire en deux sets face à Cameron Norrie. “C’était excellent”, a-t-il déclaré, en espérant atteindre sa meilleure forme malgré la chaleur. Dans l’ombre, on surveille aussi Novak Djokovic, sept fois vainqueur à Wimbledon : lui, au moment où tout le monde regarde ailleurs, sait précisément quoi faire.
Chez les femmes, la hiérarchie paraît un peu plus ouverte. La numéro un mondiale Aryna Sabalenka est la tête de série principale. La tenante du titre est Iga Swiatek. Figurent aussi parmi les favorites Elena Rybakina et Mirra Andrejewa, lauréate à Roland-Garros. Et puis il y a ce “X-factor” qui fait toujours frissonner les pronostiqueurs : Serena Williams, dont la forme en simple ne se lit pas facilement.
Le tirage au sort a été effectué. Et pour ne rien manquer, le parcours des joueurs allemands est déjà connu aussi bien en qualifications qu’au tableau principal. Les matchs, eux, se concentrent ensuite sur l’ensemble des confrontations, jusqu’aux quarts de finale chez les hommes comme chez les femmes.
Côté souvenirs récents, Wimbledon a aussi offert des finales marquantes. Chez les hommes en 2025, Jannik Sinner a battu Carlos Alcaraz en finale (4-6, 6-4, 6-4, 6-4). Chez les femmes, finale historique : Iga Swiatek a dominé Amanda Anisimova en moins d’une heure, avec un score sans appel de 6-0, 6-0.
Wimbledon est réputé pour sa tradition vestimentaire stricte : environ 90 % des tenues doivent être blanches. En cas de non-respect, une amende peut tomber — comme la Canadienne Genie Bouchard l’a appris à ses dépens.
Autre tradition modifiée : le dimanche de la première semaine était historiquement prévu comme jour de repos, utilisé pour entretenir la pelouse. Aujourd’hui, avec de nouvelles technologies, il n’est plus indispensable de “couper” — et l’organisation peut donc faire avancer le programme sans trop de pause.
Enfin, la règle du dernier set mérite aussi le coup d’œil : si le score atteint 6-6 dans le set décisif, on joue un tie-break jusqu’à 10 points. Objectif : éviter les matchs interminables. On se souvient notamment qu’en 2018, la deuxième demi-finale du simple masculin avait duré deux jours, jusqu’à la victoire de Kevin Anderson sur John Isner (26-24), après 6 heures et 31 minutes de jeu.
Points à retenir
- Qualifications du 22 au 25 juin, tableau principal du 29 juin au 13 juillet (avec la finale dames le samedi).
- Wimbledon se joue “en ligne” : pas de diffusion linéaire, uniquement via Amazon Prime Video.
- La prime totale grimpe jusqu’à l’équivalent de 74,3 millions d’euros, et la victoire en simple atteint environ 4,17 millions.
- La période n’est pas uniquement sportive : les joueurs réduisent leurs apparitions médiatiques avant le tournoi, par protestation.
- Le tableau principal se complète par le classement, avec des places issues des qualifications et des wildcards pour former des formats à 128.
- Absence notable : Carlos Alcaraz ne sera pas au rendez-vous à cause d’un poignet blessé.
- Coté matchs “qui peuvent durer” : le tie-break dans le dernier set vise clairement à éviter les marathon… même si Wimbledon reste Wimbledon.
À mes yeux, Wimbledon 2026 ressemble à un mélange assez piquant : traditions bien verrouillées, pression sportive énorme, et en toile de fond des discussions sur la rémunération qui reviennent comme un match à rejouer. Et si Alcaraz manque à l’appel, cela ne simplifie pas tout… ça ouvre surtout des scénarios. En tant que journaliste, je trouve important de rappeler que derrière les débats sur le gazon, il y a des questions très concrètes : comment on partage la valeur, qui en profite, et à quelles conditions les joueurs acceptent de se donner à fond. Alors oui, on regardera la pelouse. Mais je compte aussi regarder le reste.