jeu. Juil 9th, 2026
Sinner propulse en demi-finales après une performance inquiétante face à Struff à Wimbledon 2026

Après avoir franchi son tour précédent en cinq manches, Jannik Sinner a misé sur l’essentiel : l’efficacité. Face à Jan-Lennard Struff, il s’impose 7-5, 7-6 (4), 6-3. Pour le champion en titre, c’est la quatrième victoire consécutive en ligne, cette fois sans laisser de chance à l’adversaire dans la durée du match, et avec un œil attentif sur un facteur que tout le monde regarde à Wimbledon : la chaleur. Plus de cinq semaines après son épisode de défaillance physique à Roland-Garros, il confirme qu’il peut gérer.

Interrogé sur la température au micro, Sinner a répondu avec un humour léger : « Merci de me le rappeler ». Il a ajouté qu’après Paris, son équipe avait travaillé pour comprendre ce qui n’avait pas fonctionné. Il sait désormais qu’il jouera le prochain tour contre Novak Djokovic ou Felix Auger-Aliassime, pour une place en demi-finale.

Sinner n’a pas détaillé si les réponses trouvées en équipe ont été “totalement” conclues. Mais sur le court, le résultat parle : l’Italien boucle l’affaire en un peu plus de deux heures et demie, avec une exécution très maîtrisée. Il a toutefois dû sauver un point de jeu dans le deuxième set. Le reste ? Une gestion du tempo efficace, malgré un Struff qui propose naturellement du “court” grâce à son style : gros services et grosses frappes.

Les chiffres confirment une partie sous contrôle : près de 80 % des points se terminent en quatre coups ou moins. Dans cette zone, Sinner domine nettement (91-72), avec une réussite de 56 %. En revanche, les échanges plus longs ne lui sourient pas pareil : 17-18 quand il faut aller de 5 à 8 coups, et 6-5 sur la tranche 9+.

Struff, lui, arrivait en quart de finale après trois matches joués en cinq sets, un parcours qui lui valait une première à ce stade dans un tournoi du Grand Chelem. Les premières minutes sont d’ailleurs très solides de son côté : à 5-5 dans le premier set, il n’abandonne que quatre points sur service. Puis arrive le moment classique contre un joueur de haut niveau : dès qu’une opportunité se présente, elle est saisie. Sinner fait la différence au 11e jeu, puis conclut sur son service pour prendre le premier set.

Dans le deuxième set, l’Italien break à 2-1. Son seul vrai “accroc” survient juste après, lorsqu’il se fait reprendre son avantage. Il lui faut alors un gros service pour sauver un point de jeu à 4-5. Mais au tie-break, il resserre l’intervalle : 7-4, et un deuxième set qui lui donne une avance confortable.

Sinner a aussi eu plusieurs occasions de breaker. À 2-1, puis à 3-2 (0-30 sur la mise en jeu de Struff), il doit patienter avant d’attraper le bon moment : finalement au 4-3, grâce à un coup gagnant de revers qui fait basculer le jeu. Ensuite, il n’a plus qu’à servir pour refermer.

« J’ai eu l’impression de servir intelligemment aujourd’hui », explique Sinner. Il insiste aussi sur la manière de gérer les moments importants : « Si tu perds le deuxième set, tout peut se relancer, surtout contre de gros serveurs, où tu perds un peu de contrôle. »

Pour lui, le match d’aujourd’hui marque aussi une progression : adversaire différent, exigences adaptées, et une performance qui répond présent. Désormais, il veut surtout préparer les demi-finales « au mieux possible ». Un objectif raisonnable, même quand le gazon continue de faire sa loi.

Quant à la question de la chaleur et des crampes — déjà longuement évoquées pour le numéro 1 mondial — il y avait une inquiétude dans la troisième manche, notamment parce qu’il n’y avait pas d’ombre sur le court tard dans le set. Finalement, Sinner dit se sentir bien : « C’était chaud, oui, mais rien de fou. Aujourd’hui, j’étais assez confortable. »

Il compare aussi les conditions : « En Australie, c’est plus dur, parce que sur dur la sensation vient aussi d’en dessous. Aujourd’hui, c’était assez sec, et ça change beaucoup. Quand c’est humide et chaud, c’est différent. » En clair : son corps a tenu, et c’est déjà une victoire dans ce genre de tournoi.

Dans l’autre match de la journée, Alexander Zverev rejoint lui aussi le dernier huit. Il s’impose 6-4, 7-5, 3-6, 7-6 (6) contre Jiri Lehecka. Le match a été interrompu à 3-3 dans le troisième set, lundi soir, pour cause de couvre-feu à 23h. À la reprise, Zverev n’obtient qu’un point sur trois jeux, mais il finit par faire la différence dans le tie-break de la quatrième manche.

Le champion de Roland-Garros résume son sentiment : « Qui aurait cru qu’il me faudrait seulement 12 ans pour y arriver ? Je suis incroyablement heureux et soulagé… mais je veux jouer trois autres matches ici. »

Points à retenir

  • Sinner gagne en sets directs, et surtout avec une gestion des échanges courts qui lui évite de “courir après” chaque point.
  • Un point de jeu sauvé dans le deuxième set rappelle qu’il n’y a pas de match automatique, même quand tout semble bien tourner.
  • La chaleur, objet de toutes les attentions, n’a pas encore déclenché le scénario redouté : l’ombre et le ressenti du corps comptent autant que les prévisions.
  • Struff arrive avec un capital “cinq sets”, ce qui rend chaque opportunité précieuse : la bascule se fait souvent sur une première brèche.
  • Zverev progresse aussi malgré un match interrompu : les pauses forcées, c’est parfois la meilleure façon de vérifier sa lucidité sous pression.

À ce stade, je me dis qu’on sous-estime souvent le vrai luxe au tennis : pas la puissance, pas le spectacle, mais la maîtrise. Voir Sinner tenir son match avec autant de contrôle, dans des conditions où tout peut glisser, ça donne envie de regarder la suite avec attention — et, oui, avec une certaine exigence de lucidité sur la préparation physique. À Wimbledon, l’effort “juste à temps” mérite autant d’attention que le point gagnant. Et moi, en tant que journaliste, je trouve ça important de le dire : le sport de haut niveau n’est pas qu’une question de talent, c’est aussi une question de moyens, de prévention et de respect des limites humaines.


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