Janibek Alimkhanuly se remémore avec fierté sa victoire nette par arrêt au cinquième round face à Anauel Ngamissengue, un combat qui lui a valu le titre unifié WBO/IBF des poids moyens. Pourtant, le champion reste dans l’attente de son prochain défi officiel.
Il s’est écoulé près de trois mois et demi depuis son retour en grande pompe à Astana, capitale du Kazakhstan, où il a combattu pour la première fois depuis son deuxième combat professionnel, il y a presque huit ans. Depuis, Alimkhanuly (17 victoires, 12 par KO, invaincu) a progressivement marqué les esprits sur le sol américain, unissant et défendant ses titres dans plusieurs États, voire allant jusqu’en Australie, mais sans pour autant se sentir pleinement satisfait.
Le parcours du Kazakh suscite à la fois admiration et critiques. Certains estiment que, loin de progresser vers son objectif d’être champion incontesté, il stagne face à des adversaires jugés moyens. Son manque d’activité et des confrontations à sens unique n’aident pas à dissiper ces doutes.
Denzel Bentley, adversaire tenace, réclame une revanche presque trois ans après leur combat improvisé. Ce combat symbolise bien les difficultés d’Alimkhanuly, dans une catégorie où personne ne semble prêt à renoncer à ses avantages. Ce mois-ci, la WBO a ordonné à Bentley d’affronter Endry Saavedra lors d’un éliminatoire final.
De son côté, Janibek a déjà évoqué auprès de The Ring la possibilité d’évoluer dans la catégorie des super-moyens (168 livres), à l’image de Hamzah Sheeraz récemment, afin de décrocher enfin ce duel au sommet qu’il espère tant, face à un champion ou un challenger de premier plan prêt à relever le défi.
Un projet de réunification des ceintures WBO, IBF et WBC contre Carlos Adames (24-1-1, 18 KO) avait été envisagé pour la soirée Night of Champions du 22 novembre, mais les négociations avec son rival sont brutalement tombées à l’eau.
Lors d’une récente intervention sur Tha Boxing Voice, Turki Alalshikh, responsable de Riyadh Season, a confié que cette touche finale unificatrice n’a pas pu aboutir : « Il a fait perdre du temps et une occasion en or. J’ai fait une offre généreuse qui est restée sans réponse plusieurs jours. Janibek n’a pas de souci, c’est Adames qui pose problème. »
Alalshikh a également pointé la difficulté qu’Adames impose à son partenaire Luis de Cubas, suggérant que si le problème ne se résout pas, Riyadh saison pourrait passer à côté de ce combat.
Adames, à l’instar de David Benavidez, est un détenteur de titre sous contrat avec Premier Boxing Champions (PBC). Il n’a pas combattu hors de PBC depuis 2021, avant son nul majoritaire sur 12 rounds contre Sheeraz en février dernier.
Âgé de 31 ans, Adames n’a disputé qu’un combat annuel au cours des trois dernières années et devait défendre son titre WBC contre l’invaincu Kazakh Meiirim Nursultanov (20-0, 11 KO), mais les négociations sont restées silencieuses après une prolongation du délai jusqu’en mai.
Sur les réseaux sociaux, Adames a récemment fait entendre sa voix : il a demandé une revanche à Sheeraz après son début victorieux en super-moyens contre Edgar Berlanga et a révélé des négociations ratées pour affronter Benavidez, managé par de Cubas, l’an passé.
Notons aussi qu’il a partagé des images d’un entraînement avec Terence Crawford, quadruple champion du monde, lui-même sur le point de faire ses débuts dans la catégorie des super-moyens avec un match très attendu contre le roi incontesté Canelo Alvarez, prévu le 13 septembre.
Points à retenir
- Janibek Alimkhanuly symbolise l’inertie de la division des poids moyens malgré un palmarès impressionnant.
- Les négociations difficiles entre champions, souvent liées à des enjeux de pouvoir et de contrats, ralentissent la mise en place d’unification tant désirée.
- La volonté d’Alimkhanuly d’évoluer en super-moyens révèle en creux le manque d’options attractives dans sa catégorie.
- Les partenariats avec des promoteurs et organismes comme Premier Boxing Champions influencent fortement le déroulement des carrières et des affrontements.
- Le 13 septembre, un autre duel de poids lourds (en super-moyens celui-là) entre Crawford et Canelo pourrait redéfinir les rapports de force dans la division.
En résumé, quand on regarde le tableau, tout ce cirque autour d’Alimkhanuly ressemble à un épisode bien rodé du feuilleton « Les rois du ring et leurs caprices ». Entre blocages stratégiques et désirs de briller ailleurs, on se demande s’il faut trinquer à ces champions ou simplement leur souhaiter bonne chance pour sortir de ce marasme. Mais bon, qui n’aime pas un bon suspense en attendant le prochain round ?