mar. Juil 21st, 2026

Pendant trois semaines, Tyrone McKenna, boxeur âgé de 35 ans, a troqué les quartiers de l’ouest de Belfast pour la Cisjordanie, où il a donné de son temps au gymnase ACLAI Palestine. Ce centre, créé en 2020 par l’activiste Ainle O Caireallain — frère de Naoise O Caireallain, mieux connu sous le nom de Móglaí Bap du groupe Kneecap — a pour vocation d’offrir un refuge et une activité saine à des jeunes en difficulté.

McKenna avait déjà découvert Ramallah en 2022 en compagnie de son père et de son frère. Surnommé « The Mighty Celt » sur le ring, il explique : « En tant que passionné par la cause palestinienne, et après y être déjà allé, je connaissais la situation. Je voulais agir au-delà des slogans en ligne et des manifestations. »

« Ce fut une expérience incroyable de voir ces enfants, qui ont vécu tant d’épreuves, venir chaque jour au gymnase avec le sourire. »

Des enfants palestiniens avec la ceinture de Tyrone McKenna
Quelques jeunes palestiniens posant avec la ceinture de Tyrone McKenna

Le gymnase se situe dans le camp de réfugiés d’Aida, près de Bethléem, une enclave de plus de 7 000 habitants privée d’eau courante depuis deux mois. « Dès ma première nuit, j’ai vu mes voisins être extraits de force de leur maison à 4 heures du matin avant d’être arrêtés. Ici, c’est la normale », confie Tyrone.

« Il n’y a que deux robinets dans tout le camp où les enfants doivent se rendre chaque matin pour remplir les seaux d’eau de leur famille. Personne ne peut se déplacer librement ; les checkpoints sont omniprésents. Ce n’est pas un cadre où un enfant devrait grandir. »

Durant son séjour, McKenna a appris que deux jeunes adolescents avaient été abattus par les forces israéliennes. En réaction, un cours a été organisé dans le centre où il travaillait, destiné à des enfants dès l’âge de huit ans.

Le gymnase en Cisjordanie
Le gymnase situé dans un centre communautaire en Cisjordanie

« On leur a appris à réagir si un proche est blessé par balle, qui appeler, et comment faire face aux gaz lacrymogènes. Ces enfants ne devraient jamais endurer cela, encore moins à un si jeune âge. Ils devraient apprendre à faire du vélo, pas à porter secours. »

« Pourtant, la joie qu’ils éprouvent à simplement venir au gymnase, à pratiquer la boxe, est exceptionnelle. C’est un refuge où ils peuvent évacuer leur colère et leurs frustrations. C’est modeste, juste un gymnase et de la boxe, mais c’est un pilier pour cette communauté. »

Tyrone McKenna enseignant la technique de boxe
Tyrone McKenna enseigne la technique du déplacement en boxe

Tyrone continue aussi de sensibiliser sur la situation du gymnase, financé uniquement par des dons. « On avance, mais il reste du chemin. Il faut environ 65 000 £ par an pour garder le lieu ouvert, et on fait tout pour y parvenir. »

Le conflit israélo-palestinien a fait plus de 61 000 morts et 150 000 blessés à Gaza, tandis qu’en Israël, l’attaque du Hamas en octobre 2023 a causé la mort de plus de 1 100 personnes et entraîné plus de 200 enlèvements.

Points à retenir

  • Un boxeur nord-irlandais choisit le ring pour défendre une cause bien plus vaste que les titres et ceintures.
  • Le gymnase ACLAI Palestine n’est pas simplement un lieu d’entraînement, mais un havre de paix au milieu d’un contexte difficile.
  • Les jeunes palestiniens apprennent à surmonter l’adversité avec un sourire, même quand l’eau courante manque depuis deux mois.
  • Enseigner à des enfants comment gérer des situations de guerre ? On oublie vite que ça ne devrait pas être leur quotidien.
  • Les projets communautaires dépendent souvent d’un budget aussi limité qu’impressionnant à atteindre – 65 000 £ par an, rien que ça.
  • Le conflit reste un arrière-plan lourd, avec des chiffres tragiques qui font l’écho des combats sur le terrain, loin des rings.

Alors voilà, on pourrait penser qu’un ring de boxe n’a rien à voir avec les enjeux géopolitiques, et pourtant il devient un espace où des enfants trouvent un peu de normalité et d’évasion. Cela invite à se demander : dans un monde bourré d’injustices, nos petits refuges, souvent inattendus, ne sont-ils pas la dernière ligne de front avant la capitulation ? Et si l’on fermait un peu nos téléphones pour offrir plus de temps à ces combats là… Allez, à méditer entre deux uppercuts !


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