dim. Août 30th, 2026
Et si c’était Pogačar : diagnostic, opération et ce qui se passe maintenant

Le cyclisme slovène frappe à la porte de l’hôpital : Pogacar publie une photo depuis Barcelone

Il n’y a pas vraiment moyen de s’en convaincre. Accepter ce qui paraît impossible, même tard le soir, une fois qu’on a revu les images une énième fois… ça reste dur. Repens­er à Tadej Pogacar ensanglanté, douloureux, au bord des larmes, monter dans l’ambulance et quitter la Vuelta dès la 8e étape, alors qu’il dominait la course depuis le premier jour en maillot rouge : c’est un choc.
Il comptait 3 min 50 s d’avance sur Mas, deuxième, avec 3 victoires au compteur. Bref, un drame sportif en version accélérée.

Le verdict médical tombe à 20 h 49, communiqué par le médecin de l’équipe UAE, Adrian Rotunno : « commotion cérébrale, fracture déplacée de la clavicule gauche, fracture stable de la vertèbre cervicale C7 et de nombreuses excoriations ».
Il faudra une intervention chirurgicale pour la clavicule, mais elle sera reportée par précaution à cause de la commotion.

Et maintenant ? Pour la « triple couronne » (déjà en poche avec cinq Tour et le Giro d’Italie 2024), le rêve s’éloigne. Les rendez-vous restants étaient le Mondial du 27 septembre, puis l’Euro du 4 octobre en Slovénie, et enfin le Lombardie le 10.
La situation pèse lourd : la saison semble terminée, très probablement.
Surtout, le Mondial est, pour l’instant, hors d’équation.

“Pogi” sait qu’on regarde : il a d’ailleurs posté une photo depuis l’hôpital, accompagnée d’une musique de fond du type Stay Alive. Sans exclure un retour pour octobre, ce scénario reste extrêmement difficile.

Reconstruction

Moins de 33 km restent avant l’arrivée : plaine, route large (CV—675), vitesse élevée. Pogacar est du côté gauche de la chaussée, en début de peloton. Rien ne laissait présager ce qui allait suivre.
Le champion du monde touche quelque chose… ou plutôt, quelque chose le touche.
« Un caillou », a indiqué Pogacar au médecin de l’équipe, même si, sur les images, on aurait vu un autre objet : possiblement la batterie d’une caméra embarquée sur une moto.

Il dévie de sa trajectoire, manque de heurter Ben Tulett, puis tombe violemment sur l’asphalte. On dirait presque un plongeon.
Le casque limite le pire. L’instinct du coureur (encore lui) le pousse à vouloir remonter immédiatement sur le vélo, mais ce n’est pas possible : maillot déchiré, zigomatique touché, joue écorchée.
Le directeur sportif Matxin garde son bras près de lui pendant que les secours arrivent.

Pogacar est alors transporté à l’hôpital de Gandia. Sa Vuelta s’arrête là.
Ensuite, selon des informations de l’équipe, il a été transféré dans la nuit par voie terrestre vers une structure médicale à Barcelone.
Il y a posté une photo en matinée : impossible de prendre l’avion avec la commotion cérébrale.
Il sera donc opéré à Barcelone quand le moment sera venu.

Pour mesurer l’ampleur du choc : il ne s’était pas retiré d’une course comme celle-ci depuis la première grosse blessure (Liège, le 23 avril 2023), quand il s’était fracturé le scaphoïde.
Et il n’avait, jusqu’ici, quasiment jamais laissé une course à étapes avant terme — y compris depuis les catégories jeunes, à partir de 2015.

L’impact

Les sept coéquipiers de l’équipe Uae-XRG encore en course — Vine, Oliveira, Almeida, Torres, Novak, Sivakov et Vermaerke — franchissent finalement la ligne ensemble, à 11 min 33 s.
Les caméras les ont souvent montrés : perdus, secoués, au moins autant que les autres.
Sans “le” leader, celui qui finit par s’imposer aussi par charisme et par lien avec les gens.

Le contraste est presque cruel : l’accident arrive dans une saison qui jusque-là frôlait le parfait.
Il a gagné “presque tout” : Paris-Roubaix perdu au sprint face à Wout Van Aert.
Pour le reste, c’est un festival : quatrième Strade Bianche, première Sanremo, troisième Flandres, quatrième Liège, et encore Romandie, Suisse, plus un cinquième Tour de France.

Et jeudi, juste avant : mauvais signe ou simple hasard ? L’épisode de Castellò, cette glissade en descente avant l’arrivée, partie hors trajectoire.
Au moins, Pogacar avait réussi à éviter la chute totale, à recoller à Mas, puis à prendre le dessus.
Autant dire que le cyclisme a le sens du scénario… quand on s’y attend le moins.

Le scénario général

On pourrait presque dire “hier” et “aujourd’hui” comme deux chapitres du même roman.
La veille, un autre grand tour s’était terminé en ambulance : Jonas Vingegaard, son rival principal à ce stade, avait quitté le Tour de France après une blessure à la clavicule (cette fois à droite), lui aussi après un Giro d’Italia remporté.

Et donc, forcément, la réflexion s’impose : tout peut basculer en une fraction de seconde.
Rien n’est écrit d’avance. Pogacar a perdu sa Vuelta de la seule manière possible : celle qu’on ne voit pas venir.

Points à retenir

  • Les diagnostics officiels évoquent commotion cérébrale, fracture déplacée de la clavicule gauche, et fracture stable de C7 : le retour ne se joue pas “au feeling”.
  • La chirurgie de la clavicule est prévue, mais reportée par prudence neurologique : normal, même si ça casse le calendrier rêvé.
  • Le Mondial du 27 septembre apparaît, pour l’instant, très compromis, avec une saison probablement raccourcie.
  • Le transfert vers Barcelone s’explique par la commotion : l’avion, même pour les stars, peut attendre.
  • Le basculement d’un favori à l’ambulance rappelle que la course peut tourner sur un détail (caillou, objet de caméra, trajectoire… la liste est longue).
  • À l’arrivée, Mas passe en tête du général : la Vuelta, elle, continue — et ça ne négocie pas.

À première vue, on voudrait “comprendre” l’accident comme on explique une mécanique. Mais en réalité, le vélo est aussi affaire de probabilités, de trajectoires et de micro-histoires qui finissent sur l’asphalte.
Si je devais garder une seule idée en tête : la santé d’abord, et le reste… on verra. En tant que journaliste, je veux aussi rappeler ça clairement : protéger les coureurs n’est pas un slogan, c’est une responsabilité.
Et quand un champion comme Pogacar se retrouve à l’hôpital, l’émotion ne suffit plus — il faut des leçons, et vite.


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