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Lors d’un épisode du podcast Lang Distance, Pedersen a exprimé son étonnement face à la préférence d’Abrahamsen pour le vélo d’appartement plutôt que pour la route, déclarant : « S’il entend cela, je n’hésiterais pas à lui dire en face qu’il est fou. Je peux me permettre de rouler cinq heures d’affilée si le temps est vraiment mauvais. Mais lui, c’est tous les jours. Il passe plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est incroyable. »

L’hiver scandinave et le vélo d’appartement

En Norvège, s’entraîner en hiver n’a rien de romantique. La boue, le verglas et la glace rendent la pratique du vélo en extérieur quasi impossible pendant de longues périodes. Pour la plupart des cyclistes, cela implique un mélange de courtes sorties à l’extérieur et de séances en intérieur.

Abrahamsen, quant à lui, va encore plus loin. Il est reconnu pour sortir son vélo d’appartement plusieurs fois par semaine, optant souvent pour de longues sessions en intérieur plutôt que de se battre contre les conditions extérieures. Ses données Strava montrent à quel point cela peut devenir extrême.

Le 29 décembre, il a parcouru 168 kilomètres en intérieur, passant quatre heures et demie sur le vélo d’appartement à une moyenne de 332 watts. Ce n’est pas une simple sortie de récupération, mais un effort complet sans pauses naturelles, ni descentes.

Pedersen comprend la souffrance lorsqu’elle a un but. Ce qu’il peine à saisir, c’est ce choix de monotonie jour après jour.

Froid, chaleur et repousser ses limites

Le vélo d’appartement n’est qu’une partie de l’histoire.

Récemment, Abrahamsen a partagé une vidéo d’entraînement filmée par moins 22 degrés, roulant à l’extérieur dans des conditions que la plupart des cyclistes jugeraient dangereuses, sans parler de l’utilité de l’exercice.

Cette attirance pour les extrêmes semble le définir. Quand il devient trop risqué de rouler à l’extérieur, il opte pour des sessions marathon à l’intérieur. Et lorsqu’il s’aventure dehors, il n’hésite pas à braver le froid glacial. Il ne s’agit pas de confort, mais de contrôler l’effort, quelles que soient les conditions.

De la folie à la réussite

Il ne s’agit pas de souffrir pour les réseaux sociaux.

Le 16 juillet, Abrahamsen a remporté la plus grande victoire de sa carrière en triomphant lors de la 11ème étape du Tour de France. Dans une échappée, il a mis ses rivaux à genoux, puis a battu Mauro Schmid au sprint pour remporter l’étape.

Cette victoire a changé la perception de nombreux cyclistes à son égard. Il n’était plus seulement celui qui participait aux échappées, mais un coureur capable de conclure.

Vu sous cet angle, sa routine hivernale apparaît moins chaotique et plus comme un engagement pris à l’extrême. Pedersen peut l’qualifier de folie, mais c’est Abrahamsen qui transforme ces heures, ces watts et ces sorties glacées en résultats lorsqu’il le faut.

Points à retenir

  • Abrahamsen privilégie des sessions d’entraînement en intérieur même en plein hiver.
  • Il réalise des performances impressionnantes, atteignant 168 km en intérieur en une seule séance.
  • Sa méthode suscite des interrogations, notamment en matière de monotonie.
  • Son approche extrême lui a permis de remporter des victoires notables en compétition.
  • Les conditions climatiques ne le font pas reculer, que ce soit la chaleur ou le froid intense.

En regardant ce parcours, il est fascinant de constater à quel point certains cyclistes choisissent d’explorer les limites du sport. N’est-ce pas là une autre façon de redéfinir l’idée même de la persévérance ? En tant que journaliste, je m’interroge : jusqu’où irons-nous dans notre quête de performance ? C’est une question qui mérite réflexion, tant sur le plan physique que mental.


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