mar. Août 4th, 2026
La newsletter Muri #28 est en ligne : Quand il faut renaître

Le deuxièmes histoires de ce ventottièmes numéro de Muri semblent partir de loin, mais elles se rejoignent sous une même idée : se réinventer. D’un côté, une épreuve qui a dû traverser des décennies d’essais, d’arrêts et de reprises avant de trouver enfin sa place dans le cyclisme mondial. De l’autre, un territoire qui, pour ne pas rester immobile pendant les mois sans neige, a choisi de changer de point de vue : ses installations hivernales deviennent une nouvelle chance pour les cyclistes.

Quand il faut renaître : la longue route du Tour de France Femmes

Le premier volet, signé Giovanni Valenzasca, retrace l’histoire compliquée du Tour de France féminin, des premières tentatives dès 1955 avec Millie Robinson, jusqu’à la version actuelle, Tour de France Femmes avec Zwift.

Une histoire faite de courses nées puis interrompues, de championnes comme Jeannie Longo, Maria Canins, Fabiana Luperini et Joane Somarriba, qui ont fait vivre une tradition trop souvent effacée. Et surtout, une bataille de longue haleine pour obtenir une reconnaissance comparable à celle réservée aux hommes. Des années où il fallait partager l’élan avec le Tour masculin, jusqu’à l’émergence de la Grande Boucle Féminine, le chemin a été plus long et plus complexe qu’on ne l’imagine en ne regardant que le succès d’aujourd’hui.

©Le Tour Entier
©Le Tour Entier

Aujourd’hui, le Tour de France Femmes fait partie des rendez-vous majeurs du cyclisme. Mais derrière cette renaissance, il y a des décennies de tentatives, des pionnières qui ont ouvert la voie… et une histoire qui ne disparaît pas comme par magie.

Du ski à la bicyclette : le Civetta se réinvente l’été

Le deuxième volet, signé Paolo Armentini, suit un itinéraire entre Val di Zoldo, Alleghe et Selva di Cadore, au cœur des Dolomites dans la région de Belluno. Ici, le domaine du Civetta a décidé de s’appuyer sur une ressource déjà là : les remontées mécaniques.

L’hiver, on y skie. L’été, place à Civetta Superbike : plus de 520 kilomètres de parcours, six installations équipées pour le transport des vélos, et une offre qui va de la balade en e-bike jusqu’aux tracés enduro les plus techniques.

Il n’y a pas que des descentes et de l’adrénaline. L’objectif est aussi de proposer une autre façon de vivre la montagne : relier des sentiers, des refuges, des alpages et raconter l’histoire des vallées. Du Musée de l’Homme à Mondeval jusqu’aux traditions locales, le vélo devient un moyen de découvrir un territoire qui, depuis longtemps, sait se réinventer.

Points à retenir

  • Le Tour de France Femmes n’est pas né d’un “coup de baguette” : il s’appuie sur une succession de tentatives, d’interruptions… puis de relances.
  • Les noms des pionnières ne sont pas de la simple décoration : ils rappellent que l’histoire du cyclisme féminin s’est construite dans la durée.
  • Au Civetta, le choix est clair : quand la neige manque, les équipements et l’énergie du domaine changent de métier—et tant mieux, parce que sinon il resterait des installations… à l’arrêt.
  • Le modèle “hiver/été” permet de transformer l’usage des remontées mécaniques au lieu de tout refaire à zéro.

Au fond, ce qui me frappe—et qui donne envie de creuser—c’est la même logique des deux côtés : on ne “réussit” pas seulement grâce au présent, on récolte aussi le travail du passé. Et quand un territoire ou une discipline prend le temps de se reconstruire, ça finit par forcer le respect. Dans un monde qui oublie vite, je trouve important de rappeler ces trajectoires, avec un regard journalistique et engagé.


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