mar. Août 4th, 2026
Emma Raducanu : l’espoir britannique pourrait compromettre sa saison après son forfait à l’US Open pour une fracture de fatigue

Emma Raducanu pourrait avoir intérêt à écourter sa saison afin de se concentrer sur sa récupération, tout en sécurisant un classement « protégé » avant un retour prévu en 2027. C’est ce qu’avance l’ancienne N°1 britannique Annabel Croft.

La joueuse de 23 ans a été victime d’une fracture de fatigue à la partie inférieure de sa jambe droite durant la saison sur gazon, et elle a fini par renoncer à la participation à Wimbledon, à la dernière minute.

Après consultation de son équipe médicale, Raducanu a annoncé lundi qu’elle ne pourra pas disputer l’US Open, plus tard ce mois-ci.

Une absence de plus, au mauvais moment

Raducanu n’avait repris que très récemment des mouvements sur le court, avec une botte de protection. Ce nouvel arrêt constitue un nouveau coup dur pour la Britannique, déjà freinée par une période marquée par des problèmes physiques persistants.

S’exprimant sur le sujet, Croft a reconnu que « c’est incompréhensible : elle a été incroyablement malchanceuse avec les blessures ». Et d’ajouter que, même s’il existe des blessures partout chez les joueuses, il semble que Raducanu n’ait jamais vraiment eu la fenêtre nécessaire pour enchaîner, retrouver de l’élan — et rester tranquille, côté corps comme côté mental.

Avant même cette nouvelle saison, une blessure au pied avait déjà perturbé sa préparation. Puis, après une mauvaise passe en février, elle a dû rester éloignée des courts pendant deux mois et demi, cette fois à cause d’une maladie post-virale.

Elle a finalement repris vers la fin de la saison sur terre battue, en retrouvant Andrew Richardson, le coach qui l’avait menée jusqu’à la victoire à l’US Open. Mais leur collaboration sur le court a été limitée.

Sur le gazon, elle avait pourtant connu l’une des meilleures semaines de sa carrière en atteignant sa plus grande finale depuis celle de New York au Queen’s Club, en juin. Sauf que cet effort a probablement déclenché le scénario qui suit : au moment où le calendrier comptait, la blessure a refait surface.

Résultat : Raducanu ne figurait pas parmi les joueuses sélectionnées par la Grande-Bretagne pour les Billie Jean King Cup Finals, fin septembre.

« J’ai vu des photos où on la voit avec la botte et en train d’essayer de servir, de garder le rythme avec sa raquette, et de montrer qu’elle fait tout ce qu’elle peut. Mais visiblement, ce n’est pas encore guéri », a expliqué Croft, qui a pris sa retraite à 21 ans.

Un classement protégé, et après ?

La question devient désormais : est-ce que Raducanu, qui glisserait depuis son classement actuel (49e), reviendra en 2026 malgré la tentation du classement protégé ?

Si elle doit manquer au moins six mois de compétition en raison d’une blessure, elle pourrait utiliser un classement spécial pour un nombre limité d’événements lors de son retour. Concrètement, il s’agirait de son meilleur niveau dans le top 50 obtenu pendant la saison sur gazon — la dernière période où elle a joué, et où elle a aussi accumulé des points en tournoi.

Mais l’autre côté du problème est clair : Raducanu risque de perdre des places. Elle doit défendre un grand nombre de points après la tournée nord-américaine sur dur de l’an dernier (Washington, Canada, Cincinnati puis US Open).

Croft estime aussi qu’il s’agit d’une décision qui doit intégrer plusieurs paramètres : la chute possible au classement, l’intérêt d’une protection, et surtout le fait que la condition physique doit redevenir stable. Comme elle le résume avec une formule assez juste pour le sport : la santé d’abord — et le reste ensuite.

Points à retenir

  • Raducanu devrait manquer l’US Open, et la fin de saison se dessine déjà comme un vrai sujet.
  • Le « classement protégé » sert précisément à éviter qu’une blessure durable ne transforme le retour en punition.
  • En pratique, l’idée serait de revenir avec un classement basé sur sa période la plus favorable, sur gazon.
  • La défense de points reste un facteur lourd : en arrêt prolongé, le risque de recul n’est pas théorique.
  • Croft rappelle un élément important : le jeu de Raducanu repose beaucoup sur sa mobilité — et la mobilité demande un corps vraiment prêt.

À mes yeux, l’histoire ressemble à un dilemme classique en tennis : soit on force et on paie cash, soit on répare et on reconstruit. Je ne vais pas prétendre qu’un classement protégé règle tout (sinon, les blessures seraient toutes « administratives »), mais ça peut au moins donner un cadre pour revenir sans être immédiatement condamné à repartir de très loin. Et si la décision penche vers une vraie pause, alors j’espère qu’on respectera ce choix avec la même attention qu’on accorde au classement… surtout quand il s’agit de protéger les athlètes et pas seulement leurs séries.


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