Football américain – Le partage des primes FIFA entre les équipes masculines et féminines des États-Unis: une dynamique qui s’inscrit dans le long terme
L’équipe masculine des États-Unis a bouclé la Coupe du Monde 2026 avec peu de fierté après une défaite 4-1 contre la Belgique en huitièmes de finale. La consolation n’est pas négligeable: FIFA alloue une prime d’environ 15 millions de dollars, et son effet s’étend à l’ensemble de la fédération.
Une part importante de cet argent est destinée à l’équipe féminine, non pas parce que des stars comme Trinity Rodman et Lindsey Heaps ont participé au tournoi en tant que porte-ballons, mais parce que leurs prédécesseurs champions du monde avaient négocié un accord historique sur le partage des revenus.
Selon l’accord historique de négociation collective signé en 2022, les équipes masculine et féminine partageront équitablement les primes de la Coupe du Monde FIFA pour les éditions 2026 (hommes) et 2027 (femmes), comme elles l’avaient fait pour les cycles 2022 et 2023. Toutefois, le « take-home » est atténué par le fait que la Fédération américaine de football conserve une part des primes FIFA. Le système prévoit que 80 % des primes soient mis en commun et répartis équitablement entre les pools des joueurs masculins et féminins, sous réserve que l’équipe féminine se qualifie pour le tournoi de 2027.
Sur les quelque 15 millions de dollars attribués par FIFA aux États-Unis pour avoir atteint les huitièmes de finale, US Football en retiendra environ 3 millions, et le reste — environ 12 millions — sera partagé entre les pools de joueurs masculins et féminins, soit environ 6 millions par équipe avant toute distribution individuelle. Cet argent est conservé dans un compte jusqu’au terme du cycle de la Coupe du Monde féminine 2027.
Le cadre de l’accord et l’histoire qui l’a précédé
L’accord a été conçu pour répondre à l’écart persistant de primes entre les sexes. Historiquement, FIFA allouait bien plus aux Coupes du Monde masculines qu’aux éditions féminines. Par exemple, lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, l’équipe masculine a touché 13 millions de dollars pour avoir atteint les huitièmes de finale, alors que l’équipe féminine avait emporté 4 millions après sa victoire en 2019, et bien moins lors des éditions antérieures.
La structure de partage est venue modifier ces chiffres. La Coupe du Monde féminine 2023 a présenté un fonds de primes record de 110 millions de dollars, et FIFA a imposé qu’une part importante des fonds aille directement vers les joueuses plutôt que vers les fédérations seulement. Chaque joueuse s’est vu garantir au moins 30 000 dollars, avec des bonus liés à la performance pouvant atteindre 270 000 dollars pour les Champions.
Ce mécanisme a aussi amorti le coup financier subi par l’équipe féminine en 2023, lorsque le USWNT n’a pas dépassé la phase de groupes. Sans l’accord de 2022, le total aurait été nettement moindre — autour de 1,87 million — mais le modèle de primes partagées a permis au moins deux chiffres plus élevés, avec environ 6 millions pour le USWNT lorsque l’on additionne les paiements du cycle masculin 2022 et du cycle féminin 2023 et que US Football conserve sa part.
Ce fonctionnement bénéficie à toutes les parties et peut se renforcer en 2027. Si les performances du USWNT en BraziI 2027 sont à la hauteur des attentes, le pot partagé pourrait augmenter, ce qui offrirait une prime plus élevée pour les joueurs des deux camps. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a exprimé son souhait d’atteindre l’égalité des primes d’ici la Coupe du Monde féminine 2027.
Si l’objectif est atteint et que l’équipe féminine réalise ce que ses prédécesseurs ont accompli, le USMNT pourrait accéder à une enveloppe d’environ 25 millions de dollars grâce à la réussite de ses partenaires féminines.
Bon à savoir
Bon à savoir
– Cadre financier: l’accord de 2022 prévoit un partage égal des primes entre les sexes pour les éditions 2026 et 2027, avec une part des primes prélevée par US Football et le reste mis en commun pour être réparti entre les pools féminins et masculins. Le mécanisme vise la transparence et une meilleure sécurité financière pour les joueuses et joueurs.
– Exemple concret: pour la phase à laquelle répondait l’équipe masculine en 2026, environ 3 millions de dollars seraient retenus par US Football sur le total de primes FIFA d’environ 15 millions, le reste allant dans le pot commun et réparti équitablement entre les deux camps.
– Répercussions du cycle 2023: le fonds total des primes pour la Coupe du Monde féminine 2023 était élevé (record), et le versement direct aux joueuses a été une étape clé dans l’évolution du modèle de rémunération. Cette approche a atténué les pertes potentielles liées à une mauvaise performance du USWNT dans le tournoi.
– Égalité et stratégie: les projections montrent que de meilleures performances du USWNT pourraient conduire à un pot commun plus important, augmentant les primes pour les joueurs des deux équipes lors du prochain cycle.
– Contexte historique et juridique: le plaidoyer pour l’égalité salariale a été soutenu par des actions publiques et juridiques majeures, avec des settlements et des accords collectifs signés entre US Football et les associations de joueurs, et des investissemts dans des objectifs pour le développement du football féminin.
– Vision à long terme: Infantino a réitéré son souhait d’égalité salariale d’ici 2027; la concrétisation dépendra des performances des équipes, des décisions sportives et des évolutions des accords collectifs.
– Portée fédérale: ces mécanismes ne se limitent pas à l’argent des primes; ils influent aussi sur les investissements de la fédération dans le développement du football féminin et les carrières des joueuses, tout en modulant les attentes autour des fédérations et des sponsors.