La Association Espagnole de Golfs (AECG) soutient que la contribution économique de ces installations mérite qu’elles soient reconnues comme un secteur industriel plutôt que comme une simple activité de loisirs. À cet effet, elle appelle à une réduction de la TVA à 10 % et à une réévaluation foncière plus juste pour diminuer les taxes sur les propriétés.
Lors d’une interview avec EFE, Luis Nigorra, président de l’AECG, a souligné que de nombreux champs de golf en Espagne, au nombre d’environ 400, ne sont pas rentables, nécessitant ainsi un cadre fiscal plus favorable pour continuer à jouer leur rôle économique local.
« L’administration nous reconnaît déjà comme un secteur, mais il est crucial qu’elle nous offre des conditions plus adaptées à nos besoins », affirme Nigorra, dont l’association, célébrant son dixième anniversaire en novembre, représente 55 % des golfs existants.
Parmi ses revendications, il insiste pour que le golf bénéficie d’une TVA réduite, à l’instar des autres activités liées au tourisme, plutôt qu’un taux standard de 21 %.
En ce qui concerne les déductions fiscales sur le revenu, Nigorra pense qu’elles sont « positives mais insuffisantes », justifiant sa demande d’une baisse de la TVA.
Il met aussi en avant le problème de l’impôt foncier (IBI), qui est souvent élevé en raison de la superficie des terrains dédiés aux golfs. « C’est une charge fiscale importante », déplore-t-il.
Il propose que le Catastro (administration des impôts fonciers) revoit à la baisse les évaluations, ce qui pourrait alléger le poids fiscal à l’échelle municipale.
Bien que les golfs génèrent environ 900 millions d’euros par an, Nigorra insiste sur leur impact économique majeur, faisant remarquer que 89 % des dépenses des golfeurs profitent à d’autres secteurs.
Il évoque également l’impact du golf sur la déstabilisation de la saison touristique et sur la création d’espaces verts, tant en milieu rural qu’urbain.
Nigorra souligne que le golf demeure un secteur encore mal connu des Espagnols, souvent sujet à des préjugés, notamment concernant la consommation d’eau. En réalité, il précise que 56 % de l’eau utilisée est recyclée ou déminéralisée, un pourcentage bien plus élevé que celui observé aux États-Unis.
Il ajoute que dans certaines régions comme la zone de Levante ou dans les îles, ce pourcentage peut atteindre jusqu’à 96 % ! « Les détracteurs manquent souvent d’informations », rétorque-t-il.
Nigorra insiste sur le fait que le secteur doit être durable non seulement sur le plan environnemental, mais aussi économique. « Pour prospérer, une entreprise doit être socialement responsable », conclut-il.
Concernant le nombre de golfs en Espagne, il juge la situation « acceptable » mais pense qu’il y aurait de la place pour davantage d’installations, si la bureaucratie était allégée pour favoriser leur création.
« La fréquentation moyenne des champs de golf n’atteint pas 50 % », note-t-il, mentionnant que pendant les saisons creuses, beaucoup de terrains sont sous-utilisés, surtout en semaine.
Il considère que la Catalogne pourrait bénéficier de quelques golfs supplémentaires pour profiter de l’essor que la Copa Ryder de 2031 à Camiral (Girona) pourrait apporter.
Points à retenir
- L’importance économique du golf est souvent sous-estimée.
- La fiscalité sur les golfs pourrait être revue pour alléger les charges.
- Le recyclage de l’eau utilisée pour l’irrigation est un fait rarement souligné.
- Le potentiel économique des golfs pour d’autres secteurs (hôtellerie, restauration, transport) est notable.
- Une meilleure promotion et éducation sur le golf pourraient changer les mentalités.
En réfléchissant sur ces éléments, je me demande : le golf, un secteur élitiste ou un véritable moteur économique ? Si nous continuons à le considérer comme une simple activité de loisir, nous passons à côté d’une opportunité précieuse pour dynamiser certains territoires. Ce discours sur la durabilité pourrait bien être le début d’une nouvelle ère pour le golf en Espagne, mais est-ce suffisant pour attirer l’attention de ceux qui prennent les décisions ?