mar. Juil 21st, 2026

La confirmation officielle fut un moment de soulagement après tant d’efforts pour décrocher la Ryder 2031…

Lorsque l’on se bat pour obtenir une candidature, et que celle-ci finit par se concrétiser, personne ne peut vous enlever cette victoire. Ce fut un moment formidable. Après l’annonce, le soir même, nous avons organisé une fête rassemblant tous les employés. Nous savions que ce n’était pas tous les jours qu’une telle opportunité se présentait, et peut-être jamais plus.

Considérez-vous que c’est presque un miracle que la Ryder 2031 ait été attribuée à Gérone ?

Un miracle n’existe pas vraiment dans la vie, mais c’est une invitation à la réflexion. Nous avions un gouvernement central impliqué, deux départements, des fédérations, et des entités privées…

Combien de fois avez-vous cru que la candidature n’allait pas aboutir ?

Nombreuses. Ce processus remonte à douze ans. Au départ, nous étions avec un gouvernement de Junts et Esquerra Republicana. Ensuite Esquerra est arrivé aux élections… Heureusement, Madrid nous a offert un soutien sans faille. Ce fut crucial lorsque le Conseil des ministres a donné toutes les approbations nécessaires. À l’époque, c’était Iceta au gouvernement, imaginez donc si c’est déjà loin… Vous comprenez que faire converger toutes les administrations est une tâche titanesque.

David Plana a reconnu que décrocher la Ryder pour Camiral est bien plus important que développer une entreprise
David Plana a reconnu que décrocher la Ryder pour Camiral est bien plus important que développer une entreprise / DANI BARBEITO

Finalement, tout le monde s’est enthousiasmé pour le projet, sauf la mairie de Gérone…

La ville de Gérone vivra intensément l’événement, même si nous ne savons pas encore qui sera à la tête lors de l’échéance. Je suis convaincu que lorsque le moment viendra, elle accueillera la Ryder à bras ouverts. Il y avait un intérêt sportif, social, territorial, et pourtant, lancer ce projet a été un vrai combat.

Moment critique pour la Catalogne et la Ryder

La sécheresse a-t-elle coïncidé avec la période la plus difficile pour la candidature ?

La sécheresse fut un moment critique pour la Catalogne. Les questions environnementales autour des terrains de golf sont souvent mal comprises. Notre entreprise emploie directement 500 personnes, et il faut que le public sache que tout fonctionne à partir d’eau régénérée. Nous n’utilisons pas une seule goutte d’eau potable. Si ce message ne passe pas auprès du grand public, c’est que nous ne savons pas bien le communiquer.

Cela reste-t-il un sujet mal compris par l’opinion publique ?

Il suffit de s’adresser à la direction de l’Agence Catalane de l’Eau (ACA) pour obtenir des éclaircissements. La plupart des terrains de golf fonctionnent à l’eau régénérée, nécessitant des investissements importants. Nous, nous avons fait notre travail, mais le golf doit mieux se faire comprendre sur ce plan écologique.

Le CEO de Camiral a passé beaucoup de temps à Madrid pour obtenir le feu vert du gouvernement
Le CEO de Camiral a passé beaucoup de temps à Madrid pour obtenir le feu vert du gouvernement / DANI BARBEITO

Quel rôle a joué le propriétaire, Denis O’Brien, dans l’obtention de la Ryder pour son resort ?

Avec le propriétaire, nous avons traversé des moments émotionnellement variés. Quand il me suggérait d’abandonner, ce que j’ai entendu plusieurs fois, je refusais. Parfois, c’est lui qui m’encourageait quand j’étais au bord du découragement. Nous avons rencontré des difficultés sur plusieurs fronts. Par exemple, lorsque le troisième terrain a été refusé, ce fut un moment compliqué, mais nous avons retravaillé le projet pendant trois mois, et nous continuons d’avancer.

Le coup de pouce final du Parti Socialiste

L’arrivée du PSC au gouvernement catalan a-t-elle été déterminante pour donner l’impulsion finale ?

Sans aucun doute. Bien qu’Esquerra ait aussi donné son accord, certaines signatures restaient à obtenir et puis il y avait les élections, relançant le processus. Ces rebondissements politiques rendent d’autant plus incroyable d’être arrivés jusqu’ici. Salvador Illa nous a dit vouloir voir des événements importants en Catalogne, et si possible en dehors de Barcelone. Nous lui avons répondu que nous étions prêts à investir dans un événement à Gérone, d’envergure mondiale. Cela nous a mis sur la même longueur d’onde. Avec Berni Álvarez, l’importance de ce projet était claire. La Fondation La Caixa a aussi joué un rôle important, pas forcément sportif, mais social. La durabilité est un enjeu pour eux.

Salvador Illa nous a dit qu’il voulait des événements forts en Catalogne, et si possible en dehors de Barcelone. Nous lui avons dit que nous étions prêts à investir dans un événement mondial à Gérone. Berni Álvarez avait bien compris l’importance du projet, et la Fondation La Caixa souhaite porter son volet social.

Combien d’heures de réunions cela représente-t-il ?

Des milliers, c’est sûr ! Cela a commencé comme un défi et sur le plan politique, rien n’était simple. On m’a dit, après l’échec de la candidature olympique dans les Pyrénées, qu’il fallait le soutien du territoire, et c’est ce que j’ai fait. J’ai contacté plus de 200 personnes du secteur touristique, des chefs, jusqu’aux syndicats. La réponse était claire : le territoire y croyait. Les politiques ne voulaient pas s’engager sans support social.

Beaucoup redoutent un fiasco à la ‘Coupe de l’America’…

Ce sont des événements complètement différents. Il est vrai qu’il y a quelques semaines de compétition intense où l’on apparaît dans tous les médias mondiaux, mais c’est à peu près tout. La Ryder Cup commence à s’activer dès l’année prochaine avec des tournois du DP World Tour en Catalogne.

Les lignes téléphoniques de Camiral surchauffent

Le succès commercial autour de la Ryder Cup 2031 se fait-il déjà sentir ?

Absolument, dès le premier jour. On reçoit déjà des appels des États-Unis pour réserver. Aujourd’hui, personne ne monte plus simplement sur un bateau pour naviguer au large de Barcelone, mais les golfeurs planifient déjà de découvrir Camiral… six ans à l’avance ! Dans trente ans, c’est sûr, cet endroit sera un point de pèlerinage incontournable.

Un instant de l’entretien avec SPORT dans le resort de Gérone
Un instant de l’entretien avec SPORT dans le resort de Gérone / DANI BARBEITO

Après avoir décroché la Ryder, quels sont les prochains défis ?

Les attentes sont énormes. Nous faisons partie des rares terrains ayant organisé trois Open d’Espagne et un tournoi DP World sur un délai très court. Nous avons reçu un beau cadeau il y a 30 ans, grâce à des passionnés de golf. Aujourd’hui c’est un risque qui nous pousse à prendre des décisions importantes pouvant impacter les salariés, mais c’est aussi un défi de taille à relever.

Quelle importance revêt le soutien du European Tour pour Camiral ?

Après le refus pour Rome, la logistique est devenue une priorité. Le European Tour a besoin d’une infrastructure solide pour attirer le public : bons accès routiers, train à grande vitesse depuis Barcelone… Nous sommes l’un des rares sites à bénéficier de ces avantages. La Ryder souhaite aussi garder son modèle événementiel intact car les événements musicaux gagnent du terrain. Il faut donc trouver des espaces compatibles pour tout.

Un troisième terrain encore incertain

Camiral possède-t-il déjà les terrains pour un éventuel troisième parcours ?

Oui, ils sont biens à nous.

Le troisième terrain est-il toujours à l’ordre du jour ?

Pour le resort, nous avons un projet à long terme indépendant de la Ryder Cup qui vise à renforcer Camiral comme destination. Politiquement, ce n’est pas possible pour l’instant, mais la Ryder veut garder toutes les options ouvertes. Aujourd’hui, nous souhaitons grandir. On ne sait pas si on pourra. Le tournoi se jouera probablement sur les deux terrains actuels. La Ryder devra évaluer quel type de compétition peut être organisée ici. On ne peut pas faire comme à Rome ou Paris, où les parcours étaient adaptés sur mesure. Nous devons trouver une solution adaptée aux conditions existantes.

On cherchera à organiser le tournoi sur les deux terrains actuels, mais la Ryder devra déterminer le format adéquat ici. Ce ne sera pas comme à Rome ou Paris avec des parcours sur mesure.

Un nouveau tracé est-il à l’étude ?

Pour sauver la Ryder, un projet a été élaboré pour tenir compte des conditions actuelles. Cela risque d’être une Ryder plus compacte, car nous serons limités par les terrains disponibles. Les organisateurs veulent la meilleure Ryder possible. Si une autre option se présente, nous l’étudierons, mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

Plana ne cache pas l’intérêt de Camiral pour un troisième terrain, mais qui n’est pas dans l’équation de la Ryder 2031
Plana ne cache pas l’intérêt de Camiral pour un troisième terrain, mais qui n’est pas dans l’équation de la Ryder 2031 / DANI BARBEITO

En tant que CEO de Camiral, quelle vision avez-vous pour les années à venir ?

Je ne suis pas golfeur, et c’est probablement un avantage car je n’ai jamais baissé les bras face aux difficultés. Les golfeurs se décourageaient facilement. Moi, j’ai pu garder une vision plus objective. J’ai réalisé que je me battais pour bien plus que le développement d’une entreprise : c’est la responsabilité de soutenir 500 familles et la conviction que le projet perdurera dans 30 ans.

Madrid, les ministres et La Moncloa

Quel fut le rôle de vos nombreux voyages à Madrid ?

On ne conclut rien avant d’être passé par La Moncloa. J’ai rencontré ministres et administrations, je dois avoir 10 ou 12 signatures de différents ministres. Je vivais plus à Madrid qu’à Gérone. La Ryder voulait que tous les aspects logistiques, douanes, police, fiscalité, soient validés. La publication au BOE a montré que le gouvernement était engagé.

Qui a donné le second coup de pouce décisif au projet ?

Albert Soler, alors président du Conseil Supérieur des Sports (CSD), devant la Secrétaire générale du sport catalan. Il nous a assuré du soutien du gouvernement à la nouvelle candidature après l’échec de la première. En Catalogne, on a compris que nous étions vraiment sérieux.

Camiral sera toujours associé à la Ryder Cup et nous voulons que le territoire en tire parti. Le golf est une compétition, mais disposer de bons parcours aux alentours crée une destination globale.

Qui seront les premiers grands acteurs de la Ryder ?

Sans aucun doute, l’équipe de greenkeeping. Le directeur de la Ryder veut préparer le terrain pour que l’Europe l’emporte. D’anciens capitaines viendront inspecter les lieux. La compétition est féroce, tout est organisé pour gagner.

Plana se dit satisfait du travail accompli, conscient de la responsabilité envers 500 employés
Plana se dit satisfait du travail accompli, conscient de la responsabilité envers 500 employés / DANI BARBEITO

Suivrez-vous de près les prochaines éditions ?

Je serai à New York en septembre et j’ai déjà suivi sur place les dernières réunions à Paris et Rome. Nous avons vu tout ce qu’il fallait pour organiser une Ryder Cup. De retour de Rome, les responsables du European Tour ont visité nos installations. Nous estimons accueillir jusqu’à 250 000 personnes, en espérant en faire rentrer le plus possible. Ce qui est intéressant, c’est la diversité du public : certains payent 100 euros leur billet, d’autres 1 000 pour les zones VIP.

Les hôtels seront-ils à la hauteur des attentes ?

Il y a toujours des solutions alternatives, comme les croisières. Beaucoup viendront aussi de Barcelone. Camiral sera dorénavant lié à la Ryder Cup, et nous souhaitons que toute la région en profite. Le golf est une compétition, mais avoir de bons terrains autour en fait une destination globale.

Points à retenir

  • Le chemin vers la Ryder 2031 fut un long parcours, presque une saga politique de 12 ans, avec autant de rebondissements qu’une telenovela catalane.
  • Contrairement aux idées reçues, l’eau utilisée pour l’entretien des terrains vient majoritairement d’une source régénérée, rien à voir avec nos stocks d’eau potable – ce serait dommage qu’on boive du golf, non ?
  • Camiral a fait un vrai marathon diplomatique, passant plus de temps à Madrid qu’en Catalogne, collectionnant les signatures ministérielles comme des trophées.
  • Un troisième terrain est dans les cartons, mais pour l’instant, il faut composer avec ce que l’on a – parce que politique, toujours politique.
  • Entre les appels en provenance des États-Unis six ans avant l’événement et les projections à 250 000 visiteurs, l’effet Ryder se fait déjà sentir, un vrai coup de projecteur pour la région.
  • L’appétit de la Ryder Cup pour un événement bien organisé montre que même dans le sport, l’efficacité logistique prime sur le glamour – malgré les entrées VIP à mille euros, il faut penser aux bus et au fret aussi.

Au final, on se rend compte que si un événement sportif peut transformer un territoire et pousser les autorités à s’aligner face à des complexités administratives et politiques, il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir insoupçonné d’un CEO non-golfeur aux nerfs d’acier. Qui aurait cru qu’un marathon bureaucratique pouvait autant ressembler à un putsch organisé ? Mais bon, comme dans tout bon feuilleton, on attend la suite avec impatience… et un brin d’ironie. Eh oui, la Ryder Cup à Gérone, c’est un peu comme un épisode de série : on attend le prochain acte, en espérant que la météo soit clémente et que les joueurs se plaignent un peu moins du gazon.


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By Jordan Jarson

Entrepreneur passionné par le business web et le webmarketing, j'ai mon propre site e-commerces et je m'occupe d'améliorer sa visibilité en ligne. À temps perdu, je fouille le net à la recherche de pépites que je partage à la communauté.

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