jeu. Juil 2nd, 2026
Bouchons pour les oreilles : une scène surréaliste à Wimbledon

La deuxième journée de Wimbledon a apporté son lot d’images qui restent. On pense notamment au retour très remarqué au tournoi de Serena Williams, qui s’est inclinée face à la jeune australienne Maya Joint. Mais l’angle le plus “surprise” venait aussi d’un match de premier tour : celui qui opposait le vétéran Damir Dzumhur au jeune britannique Arthur Fery, invité par l’organisation.

Le bosnien, âgé de 34 ans et classé 105e au moment du tournoi, a commencé fort en menant 6-3. Puis, brusquement, le vent a tourné : double 6-2 et 6-1 dans la quatrième manche, et la rencontre basculait nettement du côté de Fery.

Comme souvent en match, Dzumhur a multiplié les protestations auprès de l’arbitre et du superviseur. En parallèle, il a aussi tenté d’installer une tension par des regards appuyés en direction de son adversaire. Cette fois, il a notamment contesté plusieurs “lets” que le juge de chaise, Greg Allensworth, n’a pas comptés comme tels.

Face à ce contexte, Fery a choisi une stratégie plus simple qu’impressionnante : se mettre des bouchons d’oreille. Une pratique qu’il considère “normale” pour rester concentré et limiter les distractions. Une fois le match terminé, le Britannique a expliqué pourquoi ce petit détail compte vraiment pour lui.

« C’est quelque chose que je fais depuis un moment. Je n’utilise pas des bouchons dans tous les matchs, mais en général ça m’aide : pas seulement contre l’adversaire, mais aussi contre le bruit du public. Ça m’aide à rester dans mon espace mental. »

Arthur Fery s’est également exprimé sur les attitudes de Dzumhur pendant la partie. Selon lui, le bosnien a tendance à adopter ce genre de comportements sur le court pour se motiver—et parfois pour s’adresser directement à l’autre, comme si le match avait aussi un volet psychologique.

« On sait que Dzumhur fait ce type de choses. C’est une des façons qu’il trouve pour se motiver… Peut-être qu’il parle, peut-être qu’il fixe. En fait, il m’a juste regardé. Je lui ai dit un truc du genre : “arrête de me regarder comme ça”, et voilà. Quand il fait ces choses, il sait au fond qu’il a tort. Moi, je me suis concentré sur le fait de ne pas laisser ça affecter mon état émotionnel. »

Pour la suite du tournoi, le prochain adversaire de Fery, classé 114e à l’ATP, sera le Finlandais Otto Virtanen. Celui-ci s’est qualifié pour le deuxième tour en éliminant, contre toute attente, le numéro cinq mondial, Ben Shelton.

Points à retenir

  • Fery a assumé une méthode “anti-distraction” avec des bouchons d’oreille, parce que parfois le mental s’entretient aussi avec des détails très concrets.
  • Dzumhur a encore fait monter le niveau de contestation, notamment autour de certains “lets” jugés autrement sur le court.
  • Arthur Fery a cherché à ne pas entrer dans le jeu émotionnel : il ne gagne pas forcément contre le bruit… mais il apprend à ne pas s’y laisser prendre.
  • Le prochain match contre Otto Virtanen s’annonce aussi piégeux qu’intéressant : l’outsider a déjà montré qu’il pouvait faire tomber un favori.

De mon point de vue, ce Wimbledon-là raconte surtout une chose : entre les échanges sur le court, les débats d’arbitrage et les stratégies mentales, le tennis reste un sport où la concentration fait parfois autant la différence que la puissance. Et en tant que journaliste, je trouve fascinant—et un peu ironique—de voir à quel point les “petits” comportements peuvent influencer tout un match. À nous de regarder, d’écouter, et d’en débattre, plutôt que de se contenter du score.


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