Gagner Wimbledon et décrocher son premier Grand Chelem à seulement 21 ans, c’est déjà un joli scénario. Mais
Linda Noskova semble vouloir écrire la suite hors du court, pas seulement sur le gazon.
La lauréate du Grand Chelem londonien a accordé une longue interview au Guardian où, au-delà du succès sportif,
elle affiche surtout une ambition : utiliser sa visibilité pour provoquer un impact positif dans le monde réel.
Ce samedi dernier, Noskova est devenue la sixième joueuse tchèque à remporter Wimbledon en
ère Open, en s’imposant en finale contre Karolina Muchova, dans un match chargé d’émotions.
Pourtant, à peine quelques heures après avoir soulevé le trophée, la discussion a vite basculé : pas de focus uniquement sur les points décisifs,
mais sur ce qu’elle veut faire de son influence.
« C’est l’une des principales raisons pour lesquelles je joue au tennis. Je veux avoir une voix
non seulement sur le court, mais aussi en dehors, pour pouvoir faire la différence.
Que ce soit en recyclant, en aidant l’environnement ou en soutenant des personnes dans différents pays : tout ça fait partie de mes objectifs. »
Linda Noskova : le rôle de sa mère dans son engagement
L’engagement de Noskova ne commence pas avec sa victoire à Wimbledon. Elle raconte qu’en décembre dernier,
au lieu d’un traditionnel séjour de début de saison, elle a choisi un voyage solidaire à Zanzibar :
elle a travaillé comme bénévole dans une école. Dans ses mots, c’est l’une des expériences les plus marquantes de sa vie,
et elle espère y retourner à l’avenir.
La joueuse explique aussi que sa sensibilité aux causes sociales et à l’environnement vient en grande partie de ce qu’elle a reçu à la maison.
Elle a grandi dans un petit village en République tchèque, entourée de nature, avec ce sentiment d’une connexion naturelle au monde.
Et puis il y a un pilier plus intime : le souvenir de sa mère, Ivana, partie d’un cancer avant Wimbledon 2024,
qui demeure une source d’inspiration constante.

Dans le tournoi, un détail a aussi fait parler : le piercing au nez.
Noskova a admis avoir attendu des critiques… sans qu’elles arrivent réellement.
Elle raconte même que la princesse de Galles ne lui a pas fait de remarque sur le bijou, lors de la rencontre qui a suivi la finale :
l’échange portait plutôt sur la résilience.
Après avoir laissé échapper cinq balles de match, elle s’est finalement imposée — et c’est précisément ce qu’on lui a salué.
Autre sujet : pourquoi la République tchèque continue d’être autant présente à Wimbledon.
Selon elle, ce n’est pas seulement du talent individuel. C’est aussi une culture du sport,
alimentée par la quantité de clubs et d’entraîneurs répartis dans tout le pays.
« Il y a toujours quelqu’un qui gagne un Grand Chelem ou qui va très loin,
et ça nous fait penser : si eux peuvent le faire, pourquoi pas moi ? »
Wimbledon dans sa vitrine, Noskova regarde maintenant vers l’US Open et une possible qualification pour les WTA Finals.
Mais parmi ses projets, il y en a un qui la motive particulièrement : retourner à Zanzibar.
Elle sait qu’elle ne pourra pas ramener le trophée original (les vainqueurs reçoivent une réplique),
mais elle veut emporter quelque chose d’autre : plusieurs raquettes, pour continuer à aider les enfants
qu’elle a rencontrés sur place. Elle confie que ces moments ont changé sa façon de voir le sport… et la vie.
Points à retenir
- Wimbledon, pour Noskova, n’est pas une parenthèse : c’est un levier à utiliser pour parler recyclage, environnement et aide sociale.
- Son engagement s’est concrétisé bien avant la finale : Zanzibar, école et bénévolat, avec l’envie d’y revenir.
- Le piercing au nez n’a pas déclenché de débat d’un autre monde : la conversation a surtout porté sur sa solidité mentale.
- Si la République tchèque performe à Wimbledon, elle y voit un écosystème : clubs, entraîneurs et modèles inspirants.
Et si on prenait ça au sérieux deux minutes ? En général, après un Grand Chelem, on parle surtout de trajectoire et de technique.
Là, Noskova rappelle que le sport peut aussi servir à donner un cadre, une direction, une utilité — sans faire semblant.
Personnellement, je trouve que c’est exactement le genre d’histoire qui mérite qu’on discute, qu’on suive et qu’on défende :
quand la notoriété sert à ouvrir des portes plutôt qu’à les refermer, ça change la conversation. En tant que journaliste, je suis convaincu qu’on devrait être beaucoup plus exigeants… et beaucoup plus curieux.