Paula Badosa a officiellement déclaré forfait pour l’US Open, quelques heures seulement après avoir suscité des interrogations en publiant un message empreint d’émotion sur Instagram. L’Espagnole n’a pas joué depuis sa défaite au premier tour de Wimbledon contre la Britannique Katie Boulter en trois sets.
Elle prolongera donc son absence pour toute la durée de l’US Open, qui se déroule du 24 août au 7 septembre à Flushing Meadows, New York. Badosa était attendue en simple dame ainsi qu’en double mixte, où elle devait faire équipe avec Jack Draper, les vainqueurs de ce tournoi s’assurant une récompense de 740 000 £.
Avec ce retrait, le Britannique classé 5e mondial se retrouve une nouvelle fois sans partenaire, après avoir été associé auparavant à la Chinoise Qinwen Zheng pour cette nouvelle formule du double mixte.
Reste à savoir si Draper choisira un troisième partenaire ou s’il concentrera tous ses efforts sur le simple messieurs.
Le doute planait depuis vendredi matin, lorsque la joueuse de 27 ans avait partagé sur ses réseaux sociaux un message touchant.
Elle y retrace son parcours semé d’embûches, entre blessures et combats personnels loin des courts, accompagné d’une photo en noir et blanc d’elle-même.
« Je n’ai pas été façonnée par des journées faciles. Ce sont les moments où j’ai été brisée, les choix qui n’ont pas abouti, et les fois où je n’ai pas été à la hauteur de mes attentes, qui m’ont construite », écrivait-elle.
« Mes échecs n’étaient pas des signes de faiblesse, mais des chapitres nécessaires d’une histoire encore en cours d’écriture.
« L’échec m’a appris ce que le succès ne pouvait pas. Il m’a rendue humble. Il m’a forcée à me regarder en face, à me poser des questions difficiles, à reconstruire avec plus d’intention et de clarté.
« Chaque erreur m’a permis de mieux comprendre qui je suis et qui je ne suis pas. Autrefois redoutés, ces échecs sont aujourd’hui mes meilleurs professeurs.
« Il y a eu des moments où j’ai cru tout perdre : mon orientation, ma confiance, ma valeur.
« Mais avec le recul, je réalise que je ne perdais que ce qui ne me servait plus. Chaque perte a laissé place à la croissance. Chaque porte fermée m’a redirigée vers une meilleure.
« Je ne suis pas fière de tous mes moments passés, mais je suis fière de la personne qu’ils ont construit. Celle que je suis aujourd’hui est plus résiliente, plus consciente et plus ancrée grâce à tout ce que j’ai survécu et appris.
« Aujourd’hui, je ne fuis plus l’échec. Je le respecte, car c’est grâce à lui que je me tiens là… plus forte, plus sage et toujours en devenir. »
Points à retenir
- Paula Badosa fait une pause prolongée après un parcours semé de blessures et d’épreuves personnelles, ce qui souligne les défis constants du sport de haut niveau.
- Son retrait impacte directement la configuration du double mixte à l’US Open, laissant Jack Draper en quête d’un nouveau coéquipier… ou d’une nouvelle stratégie.
- Le message émouvant de Badosa rappelle que derrière chaque athlète se cache une histoire humaine complexe, faite d’envolées autant que de chutes.
- La résilience évoquée est moins un concept abstrait qu’un phénomène très concret, né des erreurs et remises en question successives.
- Cette situation invite à reconsidérer la manière dont on perçoit l’échec dans le sport, souvent diabolisé alors qu’il est un moteur essentiel de progression.
Au fond, on pourrait se demander si le véritable gagnant n’est pas celui qui sait intégrer ses revers avec un peu d’humour et beaucoup de lucidité. Car entre les rebondissements des tournois et ces pauses nécessaires, le tennis nous rappelle que l’endurance mentale vaut parfois plus que le dernier coup gagnant. Mais bon, c’est sûrement aussi ce qui fait tout le charme (et la dramaturgie) de ce sport, non ?