jeu. Juil 9th, 2026
Wimbledon 2026 : L’homme qui a inventé le tennis en fauteuil roulant, il y a 50 ans

Après avoir consacré dès le départ une année à vérifier si le tennis en fauteuil roulant pouvait vraiment prendre, Parks regarde aujourd’hui le chemin parcouru… avec une fierté de principe, mais sans vouloir s’attribuer tout le mérite. « J’étais à la tête de l’organisation, j’ai été le premier joueur à vraiment pratiquer le jeu, mais c’est difficile pour moi de dire : Brad, tu as inventé le tennis en fauteuil roulant… même si, tu vois, je faisais aussi partie du projet », explique-t-il en pointant du regard d’autres pionniers.

Depuis, les joueurs actuels ne retiennent pas leurs mots. Alfie Hewett, champion britannique à 34 reprises en Grand Chelem, résume l’émotion : « J’éprouve une sorte d’admiration totale. Une vraie admiration. » Et de préciser le fond : « Ce n’est pas (le tennis en fauteuil) une histoire de récompenses ou de regards extérieurs. C’est surtout la vie qu’il m’a donnée et la mission qu’il m’a confiée. »

Gordon Reid, fort de 30 titres en Grand Chelem, ajoute : « C’est une histoire incroyable. L’idée toute petite de départ, il y a 50 ans, est devenue aujourd’hui un sport mondial. Alors oui, je suis très reconnaissant que cette idée ait existé, à l’époque. »

Depuis les débuts, tout a changé — y compris les fauteuils, désormais plus légers, souvent dotés d’une assise moulée conçue pour être plus efficace en termes d’énergie lors des rotations.

Le tennis en fauteuil roulant continue aussi d’attirer davantage de public. À Wimbledon, l’épreuve débute ce mardi et propose une dotation supérieure à 1 million de livres. Les vainqueurs du simple messieurs et dames toucheront 82 000 livres chacun.

Autre signe de l’ascension : les finales se jouent désormais sur le Court One, une enceinte de 12 345 places, là où la toute première finale du simple en fauteuil, il y a dix ans, se déroulait sur le Court 17 (276 places).

Parks dit être « très heureux de voir où on en est ». « Je suis un peu jaloux, bien sûr… mais dans le bon sens. J’aurais adoré pouvoir jouer des tournois comme Wimbledon », reconnaît-il. Pourtant, son rêve n’était pas seulement tourné vers les grandes scènes.

« À la base, j’aimais juste frapper des balles de tennis. Et je voulais partager cette sensation de toucher une balle… depuis un fauteuil », raconte-t-il. Et surtout, il insiste sur un objectif plus intime : « Ce dont je suis vraiment, vraiment content, c’est d’avoir voulu que d’autres puissent être des joueurs de tennis. »

Il se souvient : « Avant, j’étais déçu quand je pensais que tout le monde était surtout des joueurs de basket en fauteuil. Le tennis n’était pas leur priorité. Aujourd’hui, je sens que le tennis existe vraiment pour lui-même : ce sont des joueurs de tennis, simplement en fauteuil. »

Points à retenir

  • Parks ne cherche pas à faire de lui le “fondateur unique” : il rappelle surtout que l’aventure s’est construite à plusieurs.
  • Les fauteuils ont évolué de manière concrète : plus légers, mieux pensés pour les mouvements, et donc plus efficaces sur le jeu.
  • Le tennis en fauteuil roulant à Wimbledon progresse aussi par les détails : dotations, programmation, et surtout changement d’échelle des courts.
  • Chez les champions, le discours insiste moins sur les trophées que sur ce que le sport a rendu possible dans leur quotidien.
  • Le cœur du projet de départ, selon Parks, n’était pas “d’être vu”, mais de donner envie à d’autres… de jouer au tennis.

Au fond, ce qui me marque le plus, c’est cette idée simple : le tennis en fauteuil roulant n’est pas venu “remplacer” quoi que ce soit, il est venu ouvrir une porte. Et maintenant, cette porte mène vers des tournois, des stades et des rêves qui n’étaient pas imaginés au départ. Je trouve ça essentiel, parce que la sportivité ne devrait pas dépendre de la visibilité qu’on lui accorde, mais de la place qu’on décide de lui donner — et je veux qu’on en parle avec exigence, pas seulement quand c’est spectaculaire. Alors, qui sera le prochain à transformer une idée modeste en quelque chose de commun… sans perdre le sens du jeu ?


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