Un schéma similaire se dessine dans le WorldTour féminin. Les budgets totaux ont augmenté de 46 millions d’euros en 2023 à 70 millions d’euros sur 15 équipes en 2025 et devraient à nouveau grimper à 80 millions d’euros en 2026, malgré la réduction du nombre d’équipes de 15 à 14.
Quel est le montant des salaires des équipes ?
Les salaires demeurent le coût principal. Les chiffres de l’UCI sont des montants bruts et font la distinction entre les coureurs indépendants et ceux employés, ces derniers représentant 43 % du peloton masculin du WorldTour.
Pour 2026, le salaire moyen des coureurs indépendants est estimé à 654 000 euros, en hausse par rapport à 636 000 euros en 2025 et 557 000 euros en 2023. Les coureurs employés affichent un salaire moyen de 384 000 euros, contre 366 000 euros l’année précédente et 300 000 euros en 2023. De nombreux coureurs indépendants résident à Monaco ou en Andorre et sont souvent des leaders au sein de leurs équipes, ce qui explique en partie les chiffres élevés.
À l’échelle supérieure, les chiffres sont bien plus importants. Tadej Pogacar est toujours le coureur le mieux payé du peloton, avec un revenu estimé à 8 millions d’euros par an provenant de UAE Team Emirates, hors primes et sponsors personnels qui portent son revenu total à environ 12 millions d’euros cette saison.
Le transfert anticipé de Remco Evenepoel vers Red Bull – BORA – hansgrohe, un an avant la fin de son contrat avec Soudal Quick-Step, est évalué à environ 20 millions d’euros, en prenant en compte le rachat et le contrat pluriannuel.
Pogacar est le cycliste le mieux payé au monde, et pour des raisons évidentes.
Vaughters prend la parole
« Certainement, la plus forte augmentation des coûts dans le cyclisme concerne les salaires des coureurs, ainsi que tout ce qui entoure, comme la science du sport. »
Vaughters a également soutenu que le pouvoir d’achat des équipes les plus riches affecte inévitablement le marché global. « Une équipe comme UAE… nous dépensons autant que nécessaire pour tout gagner. Cela va automatiquement influer sur le reste du marché. »
Il a aussi souligné la dépendance du cyclisme à la sponsorisation, un problème chronique. « Nous essayons de faire fonctionner le bateau uniquement grâce aux sponsors, car d’autres sources de revenus n’existent pas », a-t-il déclaré. « Nous n’avons pas de merchandising collectif. Les équipes ne tirent rien des droits médiatiques. »
Points à retenir
- Les budgets des équipes de cyclisme varient considérablement, certains atteignant presque 50 millions d’euros.
- Les salaires des coureurs, qu’ils soient employés ou indépendants, représentent la plus grande dépense des équipes.
- Les salaires des coureurs indépendants ont connu une hausse significative ces dernières années.
- Le sport fait face à une inflation des coûts, exacerbée par les équipes les mieux financées.
- La dépendance accrue à la sponsorisation soulève des questions sur la durabilité financière des équipes.
Je me demande souvent jusqu’où cette inflation salariale peut-nous mener. N’est-ce pas ironique de voir un sport qui prône l’endurance et l’effort, souvent en désaccord avec ses propres valeurs financières ? En tant que journaliste engagé, je me questionne sur l’avenir de notre sport favori et sur la manière dont ces enjeux financiers pourraient façonner son évolution.