Chiappucci : Le Cyclisme d'Aujourd'hui à Travers le Regard du Diable

Claudio Chiappucci, surnommé le Diablo, continue d’incarner la passion du cyclisme, même après 35 ans depuis ses luttes épiques avec Indurain et Bugno. Toujours en forme, il fait le tour de l’Italie et de l’Europe à vélo, participant à des événements et compétitions comme le Giro-E en e-bike. Pour lui, le monde du cyclisme actuel réserve encore de nombreuses surprises.

Comment as-tu vécu la saison écoulée ?
« J’ai été frappé par la domination des équipes majeures du World Tour, en particulier UAE Emirates XRG. Cette année a vraiment été celle de Pogacar. Je me demande s’ils pourront maintenir ce niveau d’excellence. Répéter des performances aussi impressionnantes n’est pas simple, mais ils ont véritablement étonné tout le monde, y compris avec de nouveaux coureurs. Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu ça. J’ai du mal à croire qu’ils puissent dépasser ce qu’ils ont déjà accompli. »

Quel a été l’aspect le plus surprenant pour toi ?
« Ce qui m’a vraiment impressionné, c’est leur facilité à dominer. Ils sont au-dessus du lot, même des coureurs dont on n’attendait pas autant. Qui aurait pensé que Del Toro brillerait à ce niveau cette année ? »

Que prévois-tu pour Del Toro en 2026 ?
« Je m’attends à une confirmation de ses performances cette année. Parfois, il est plus facile d’atteindre le sommet que de s’y maintenir. On verra si cette maxime est encore pertinente aujourd’hui. »

Y a-t-il d’autres moments marquants cette saison ?
« La victoire de Van Aert à Siena lors du Giro d’Italie m’a marqué. Bien qu’il ait eu une saison plutôt mitigée, j’espère qu’il retrouvera son niveau. Nous étions habitués à le voir briller sur tous les fronts, et cette année, ce ne fut pas le cas. »

Si tu devais choisir une image du Giro 2025 ?
« Ce n’est pas tant une question de beauté, mais d’impact. Sur le Colle delle Finestre, on a assisté à un moment incroyable : Simon Yates a remporté le Giro, tandis que deux autres coureurs se contentaient de se regarder. C’était inattendu. Des images mémorables, comme celles de l’Attraverso le Fiandre, où Visma a perdu sa dynamique, montrent que le cyclisme peut encore réserver des surprises. »

Penses-tu que Carapaz a mal agi ?
« Carapaz est un coureur avisé. Ce qu’il a décidé relève de circonstances que nous ne pouvons pas vraiment comprendre depuis l’extérieur. »

Que penses-tu des Grands Tours cette saison ?
« Giro, Tour et Vuelta semblent tous s’orienter vers des étapes de plus en plus difficiles. Il y avait autrefois plus d’imprévisibilité. Aujourd’hui, les parcours semblent bien définis et peu surprises émergent. »

Evenepoel a choisi de ne pas participer au Giro pour se concentrer sur le Tour et les classiques. À ton avis, était-ce le bon choix ?
« Je pense qu’il aurait mieux fallu qu’il participe au Giro, où il aurait eu plus de chances. Le Tour peut lui sembler moins adapté. Il a une équipe solide, mais il n’a pas encore prouvé sa force dans les grandes ascensions. »

Concernant Vingegaard, que penses-tu de sa présence au Giro ?
« Vingegaard semble privilégier le Giro par crainte de ne pas pouvoir rivaliser au Tour face à Pogacar. Gagner le Giro lui permettrait d’intégrer le cercle restreint des champions des trois Grands Tours. »

Avis sur Evenepoel : a-t-il choisi la bonne stratégie ?
« Je lui conseillerais de gagner le Giro pour se donner de la confiance avant le Tour. La pression est forte, et je crains qu’il ne soit pas encore à la hauteur des ambitions que son équipe a placées en lui. »

Y a-t-il un coureur que tu apprécies particulièrement ?
« J’ai toujours eu une admiration pour Carapaz. Bien qu’il ne soit plus au sommet, il demeure un coureur qui n’abandonne jamais. C’est ce type de combattant que j’apprécie, celui qui surprend tout le monde par sa détermination d’attaquer. »

Points à retenir

  • La domination d’UAE Emirates XRG a marqué la saison, mais la pression pour maintenir ce niveau est immense.
  • Les coureurs peuvent surprendre, Del Toro en est un exemple frappant.
  • Les moments d’imprévisibilité dans les courses semblent se faire de plus en plus rares.
  • La stratégie des coureurs, comme Evenepoel et Vingegaard, soulève de nombreuses questions sur le choix des Grands Tours.
  • Le cyclisme moderne pousse à se concentrer sur des performances prévisibles, laissant moins de place à l’imprévu.

En somme, le cyclisme continue d’évoluer, mais je me demande souvent si cette quête d’excellence ne nous éloigne pas des belles surprises qu’on aimait tant. Est-ce que le spectacle sera encore au rendez-vous ou se résumera-t-il à une lutte entre quelques équipes dominantes ? Le questionnement mérite d’être approfondi. Après tout, je suis un fervent observateur de ce sport, et j’attends avec impatience les prochaines courses.


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