Riccardo Riccò

La seconde vie de Riccardo Riccò en tant qu’entrepreneur se déroule sans encombre, marquée par des engagements variés et de petites satisfactions quotidiennes. Les erreurs du passé, désormais loin derrière lui, n’altèrent pas son présent apaisé. L’ancien cycliste émérite a accepté son sort et a transformé son heure la plus sombre en une occasion de rédemption personnelle, une expérience qu’il envisage de partager dans les écoles.

Comment se porte ton activité avec les glaciers ?
Tout va bien. La gelateria de Rocca Malatina est fermée pour l’hiver, mais celle de Vignola reste ouverte. De plus, l’Academy pour ceux qui souhaitent apprendre à réaliser des glaces et des gâteaux est toujours accessible. La gelateria s’appelle Chocoloco.

Les coureurs d’aujourd’hui sont-ils meilleurs que ceux de ton époque ?
Pas du tout. Chaque époque a ses champions. Quand on dit qu’ils s’améliorent constamment, je ne suis pas d’accord. J’ai l’application Strava et en regardant les temps sur les ascensions, je ne vois pas tant de rapidité que ça, malgré tous les préparateurs et la technologie modernes. Si on donnait aux coureurs d’autrefois les moyens actuels, ils iraient plus vite. À vrai dire, les méthodes d’entraînement n’ont pas fondamentalement changé, simplement les termes. Le cyclisme reste le même.

Pourquoi de nombreux coureurs impliqués dans des affaires de dopage continuent-ils à progresser dans le milieu du cyclisme alors que toi, tu as été complètement marginalisé ?
Je ne suis pas un flatteur et je dis ce que je pense. Ils ont appris à se courber et à faire les gentils. J’ai toujours préféré être franc. Le cyclisme d’autrefois imposait le silence et l’humilité, contrairement à aujourd’hui où les performances parfois extraordinaires restent sans questionnement. Avant, un coureur gagnant soulevait des doutes, mais maintenant c’est différent, et c’est un progrès.

Penses-tu que ton livre “Cuore di Cobra” a été un obstacle ?
Je ne sais pas. D’autres, comme Wiggins et Ullrich, qui ont écrit des livres controversés, continuent d’être invités. Peut-être que ma franchise a posé problème.

Que penses-tu de Lorenzo Finn et Giulio Pellizzari, considérés comme l’avenir du cyclisme italien ?
Pellizzari a prouvé qu’il pouvait prétendre au podium du prochain Giro, même si la victoire est peut-être encore prématurée. Son parcours sera un vrai test de pression. Finn, quant à lui, a un talent naturel supérieur et suit un chemin prometteur. Souhaitons juste patienter pour voir évoluer ces jeunes talents.

Concernant Antonio Tiberi, des espoirs sont-ils encore permis ?
La saison précédente a été difficile, mais cela arrive. Je ne donnerais pas de verdict définitif, et lui accorderait encore une chance.

Avec qui te sens-tu le plus en phase entre Finn, Pellizzari et Tiberi ?
Personne ne reflète complètement mon caractère. Finn est peut-être le plus proche, bien que je l’emportais sur lui en vitesse. Pellizzari et Tiberi sont davantage dans le modèle régulier.

Le cyclisme t’a-t-il plus donné ou pris dans ta vie ?
C’est une question difficile. Cela m’a donné beaucoup, m’a enseigné la valeur du sacrifice. Mais j’ai également perdu de nombreuses choses à cause de mes erreurs. J’ai agi pour atteindre mes objectifs, même si c’était un choix compliqué.

Avis sur le fait d’aller dans les écoles pour partager ton histoire ?
Je vais bientôt donner une leçon dans un lycée où je parlerai de ma trajectoire. Il serait également enrichissant de partager mes erreurs avec de jeunes cyclistes pour leur faire prendre conscience.

Quel est ton rapport avec Vincenzo Nibali ?
Je n’ai jamais eu de lien avec lui. Il a toujours montré une certaine animosité envers moi. Cependant, je respecte son parcours, même si je pense avoir été supérieur dans le passé.

D’où vient ton surnom ‘Cobra’ ?
Il vient de Pregnolato, mon ancien masseur. Un jour, il m’a dit que je ressemblais à un cobra, prêt à frapper à la moindre occasion.

Points à retenir

  • Riccardo Riccò semble avoir trouvé sa voie après une carrière tumultueuse.
  • Les technologies de l’entraînement n’ont pas fondamentalement changé le cyclisme, selon lui.
  • Le cyclisme actuel pose moins de questions sur les performances exceptionnelles d’un coureur.
  • Les nouveaux talents italiens comme Finn et Pellizzari offrent des promesses, mais attendons de voir leur évolution.
  • La rédemption personnelle peut passer par le partage d’expériences, notamment dans les écoles.

En abordant ces réflexions sur Riccardo Riccò, je ne peux m’empêcher de me demander combien d’athlètes passent par des parcours similaires, balançant entre succès et échecs. L’industrie du sport, comme toute autre, nous pousse souvent à faire des choix difficiles, et il est crucial d’en tirer des leçons pour l’avenir. Que serait le sport sans la prise de risque et la résilience face à l’adversité ? Je m’interroge sur ces questions, en tant que passionné engagé du cyclisme et observateur des complexités humaines.


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