Tadej Pogacar a mis tout le monde d’accord sur le “géant des Pyrénées”. Et au Tour, il n’y a pas plus mythique que l’ascension du Tourmalet.
Le “Mozart” du vélo s’y prend comme un chef : seul au commandement. Derrière, l’“Salieri” fait de son mieux, tandis qu’un chœur d’hommes essaie de ne pas décrocher dans le sillage des deux principaux animateurs. C’est, en résumé, la physionomie du premier grand rendez-vous de ce Tour de France—et, si l’on regarde bien, de beaucoup de ses récentes éditions.
Ceux qui imaginaient (ou espéraient) que Tadej Pogacar ne casserait pas le Tour dans les Pyrénées ne connaissent sans doute pas assez le personnage. Pogacar a attaqué avec un peu plus de 4,7 km à parcourir avant le sommet du Tourmalet, puis a creusé l’écart : plus de 40 secondes à l’arrivée.
Dans son sillage, un autre adversaire, resté seul : Jonas Vingegaard. Le rival le plus attendu, celui qui a tous les atouts pour renverser la course et gagner à nouveau le Tour—pour la troisième fois, donc—après son succès au Giro. Sauf qu’il lui manque justement ce petit détail sur la route : le “martien” slovène, encore lui.
Plus loin, les jeunes et les seconds couteaux ont tenu leur rôle : Paul Seixas, Florian Lipowitz et Isaac Del Toro tirent le “train” des coureurs. Et à bord de ce convoi, on retrouve notamment Remco Evenepoel, Ayuso, Skjelmose, Martinez et Kuss.
Points à retenir
- Une attaque lancée tôt dans l’ascension du Tourmalet, ça ne pardonne pas : Pogacar a choisi le moment où les jambes commencent à douter.
- Vingegaard reste dans le coup, mais sans équipier “en plus”, la marge se transforme vite en risque.
- Le groupe poursuit sa mission de survie tactique : tenir ensemble pour éviter d’être mangés un par un, même quand le rythme devient un sport à part entière.
- Evenepoel et d’autres noms forts sont là, preuve que le Tour ne se résume pas à deux coureurs… même si, sur le Tourmalet, ça finit souvent par le ressembler.
Au final, ce premier relief “lourd” ressemble à une déclaration de méthode : quand Pogacar décide d’accélérer, le Tour doit réapprendre à courir. Et moi, en journaliste convaincu (et pas seulement spectateur), je me dis que la suite va être passionnante—parce que la question n’est plus “qui attaque”, mais “qui a le courage, et le plan, pour répondre”.
Un Tour de France, ça se dispute sur la route… et ça se vit aussi avec un peu d’obsession pour le beau geste et l’engagement qui va avec.