lun. Sep 14th, 2026

Fort Lauderdale, Floride — Ce reportage pour LesNews revient sur le parcours du footballeur professionnel Matias Pourrain, arrivé le mois dernier à l’aéroport international Fort Lauderdale-Hollywood en voyage vers une demi-finale, et qui s’est retrouvé détenu par l’ICE. Il n’aurait jamais imaginé être placé en détention par cette agence.

Pourrain, 34 ans, est milieu de terrain central argentin pour Miami United FC, un club professionnel de l’United Premier Football League. Il est aujourd’hui de retour en Floride du Sud, revenir sur ce qu’il considère comme l’une des périodes les plus difficiles de sa vie. « C’est vraiment une situation horrible, horrible », a-t-il déclaré.

Il a passé plus de trois semaines en détention par l’ICE dans trois centres différents, dont l’un à Miramar qu’il décrit comme présentant des conditions inhumaines. « Miramar a été la pire chose qui me soit arrivée dans ma vie », a-t-il confié.

Pourrain vit en Floride du Sud depuis 2019. Il affirme détenir un permis de travail depuis des années et avoir renouvelé son permis de conduire en Floride en juillet. « Ça fait mal parce que j’aime ce pays et j’y vis depuis sept ans », a-t-il déclaré. « Je ne mérite pas tout cela. Je n’ai jamais eu de casier judiciaire. Je n’ai jamais eu de problème de ce type. »

Le 6 août, Pourrain prenait l’avion au départ de l’aéroport Fort Lauderdale-Hollywood pour une demi-finale à Los Angeles. Après être passé par le contrôle de sécurité, l’ICE l’a pris en détention. Dans un centre de détention à Miramar, il affirme avoir été enchaîné à une chaise pour les premières 24 heures. « Des menottes aux mains et aux pieds. Une chaîne tout autour de mon corps », a-t-il raconté.

Il a ensuite été transféré dans une petite salle surpeuplée d’inmates. La nourriture était décrite comme moisie, et il n’a pas mangé pendant plusieurs jours. « C’était une petite pièce. Nous étions 68 à l’intérieur, je ne pouvais même pas bouger. Je mettais ma tête contre le mur pour essayer de dormir un peu. Il n’y avait pas de lit », a-t-il raconté.

Finalement, Pourrain a été déplacé dans un autre établissement en Floride puis au Texas. Il a été libéré sous une caution de 20 000 dollars le 28 août, plus de trois semaines après son placement en détention.

Le DHS a indiqué que Pourrain n’avait autorisation de séjour aux États-Unis que pour six mois et qu’il était resté au-delà de cette période. Le DHS a aussi démenti ses allégations de traitement inhumain. « Les affirmations selon lesquelles les centres de détention de l’ICE seraient sous des normes inférieures sont fausses. L’ICE applique des normes de détention plus élevées que dans la plupart des prisons qui abritent de véritables citoyens américains. Tous les détenus reçoivent trois repas par jour, de l’eau potable, des vêtements, des draps, des douches, du savon et des articles de toilette », a-t-on déclaré.

Pour Pourrain, il sait ce qu’il a vu et s’inquiète pour ceux qui restent à l’intérieur. « C’est inhumain ce qui se passe à l’intérieur. Ils ne méritent pas non plus », a-t-il ajouté.

Alors que ses procédures judiciaires se poursuivent, Pourrain s’entraîne de nouveau avec son équipe et continue d’enseigner le football à des enfants. Mais les souvenirs restent. « Je pense que je n’oublierai jamais cela. C’était difficile pour moi, et c’était difficile pour ma femme », a-t-il conclu.

Bon à savoir
– Le cas illustre les questionnements autour des procédures d’immigration et de leur impact sur des sportifs résidents à l’étranger.
– Il met en lumière les tensions entre les droits individuels et les obligations de séjour, ainsi que les effets sur la vie personnelle et professionnelle des sportifs.
– Les réponses officielles sur les conditions de détention et les allégations associées méritent d’être suivies, ainsi que les éventuels recours juridiques.
– Cette affaire rappelle l’importance d’un accès clair à l’information et à l’assistance juridique pour les personnes concernées et leurs proches.
– Au-delà du cas individuel, elle invite à discuter des politiques publiques relatives à l’immigration et à leur application dans les lieux de détention.


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