
La victoire d’Alexander Zverev à l’US Open raconte aussi une histoire de famille. Et notamment celle de sa mère, Irina, qui a refusé que le diabète de type 1 devienne une étiquette… plutôt qu’un simple paramètre à gérer.
Ce qu’il faut retenir
- Alexander Zverev a remporté son deuxième titre du Grand Chelem à l’US Open en battant Ben Shelton : 6-3, 7-6(2), 5-7, 6-2.
- Il a mis en avant l’action de sa mère, Irina, pour que le diabète de type 1 ne limite ni ses rêves ni ses ambitions sportives.
- Avec ce succès, Zverev devient le premier joueur allemand à s’imposer à l’US Open depuis Boris Becker en 1989.
- Il a tenu à remercier son équipe, dont son père et son frère, pour le travail de fond qui a rendu la semaine possible.
- Il a aussi expliqué que les “cicatrices” de la finale perdue en 2020 se sont estompées après sa victoire à Roland-Garros, lui permettant d’aborder les grandes finales avec plus de plaisir.
Le soutien indéfectible d’une mère
Dimanche, dans la foulée de son sacre, Alexander Zverev a réservé une place particulière à sa mère, Irina. Ancienne joueuse, elle lui a appris, selon ses mots, à ne pas laisser la maladie écrire le reste de sa trajectoire.
« Quand votre fils de 4 ans reçoit un diagnostic de diabète et que les médecins vous disent que sa vie et le sport seront très limités, il faut une mère très forte pour répondre : “Mon fils sera ce qu’il veut être.” »
« “S’il veut être joueur de tennis, il sera joueur de tennis. S’il veut faire autre chose, il fera autre chose, mais cette maladie ne nous définira pas.” Je suis heureux qu’on ait traversé tout ça et qu’on fasse aujourd’hui les choses qu’on fait. Ma mère est la personne la plus importante et la plus forte que je connaisse : il faut une femme incroyablement solide pour faire ce qu’elle a fait. »
Un titre, mais aussi un travail collectif
Le N°1 mondial a également salué son entourage : son père, Alexander Zverev Sr, et son frère Mischa, notamment. Résultat : un nouveau trophée majeur, en plus de l’or olympique conquis à Tokyo il y a cinq ans.
« On a presque passé 30 ans sans gagner un Grand Chelem, et là on en a gagné deux en seulement trois mois. »
Et pour lui, l’addition finale a fini par faire sens : « Je pense que Dieu a vu tout le travail, la souffrance, la douleur qu’on a traversée. Je pense que 2026 est le fruit de toutes ces années qui sont arrivées avant. »
Rebondir après les déceptions

Retour en arrière : en 2020 à New York, Zverev a frôlé son premier Grand Chelem. Menant contre Dominic Thiem après deux manches, il a ensuite eu une balle de match dans le cinquième set avant de laisser filer. Il a finalement remporté son premier titre majeur à Roland-Garros cette année, puis a enchaîné avec l’US Open, malgré un début de tournoi un peu plus compliqué. Plus tôt dans la saison, il avait aussi atteint la finale à Wimbledon, battu par Jannik Sinner en quatre manches.
« Les “cicatrices” de la finale de 2020, elles ont disparu quand j’ai gagné à Paris. J’ai dit à Wimbledon, même si je perds la finale : j’ai apprécié le match… j’ai apprécié de jouer sur le Court Central devant un public incroyable. Avant ma victoire à Paris, je ressentais beaucoup de stress, parce qu’il y avait toujours une question. “Est-ce que je vais en gagner un un jour ?” Maintenant, c’est plus une joie de disputer ce type de finales. »
Vers la suite : qui peut le faire tomber ?
À l’heure de regarder au-delà de l’US Open, le contexte donne un avantage apparent à Zverev. Jannik Sinner est absent à cause d’un problème au genou, tandis que Carlos Alcaraz revient tout juste d’une blessure au poignet.
Mais l’Allemand reste prudent, presque trop réaliste : « Il y a quatre ou cinq mois, quand les deux étaient en pleine forme, je n’étais pas celui qui gagnait tout le temps contre eux. Je perdais souvent contre Jannik. Donc si tout le monde est en bonne santé, Jannik reste devant. C’est aussi simple que ça. »
Points à retenir
- Le diagnostic de diabète n’a pas “arrêté” la carrière : il a surtout obligé l’équipe à s’organiser autrement (et ça, ce n’est jamais vraiment spectaculaire à la télé).
- Le virage mental après Roland-Garros a compté autant que la qualité de jeu : passer du stress à l’envie, ce n’est pas un détail.
- Zverev insiste sur le collectif : père, frère, staff… bref, le genre de scénario où personne ne cache le travail derrière une seule raquette.
- Et malgré l’US Open, il ne confond pas victoire et certitude : avec Sinner et Alcaraz, la concurrence garde ses droits.
Pour moi, le message le plus intéressant n’est même pas sportif : c’est la manière dont une histoire familiale peut devenir un carburant, sans prétendre que “tout est facile”. Je vois un joueur qui avance, mais qui n’oublie pas d’où vient l’équilibre. Et, en journaliste, je trouve que ce type de récits devrait rappeler une évidence :
le handicap n’est pas une phrase finale—c’est une réalité à vivre, et à respecter, jusque dans la performance. Alors oui, on parle de Grand Chelem… mais surtout de dignité et de responsabilité.