L’ancien Bianconero : “Mon fils Davide s’entraîne avec Luciano et il me raconte combien Gatti le pousse à l’entraînement. Le meilleur recrutement ? Le nouveau Douglas Luiz. Sans Yildiz, la Juve est à 70 %. L’Europe League doit être gagnée, pas snobée”
Claudio Marchisio, légende de la Juventus, évoque les transformations qui traversent le club et revient sur l’impact des idoles et des jeunes talents. Davide, son fils de 17 ans, est aujourd’hui au sein de l’Under 18 et vient de signer son premier contrat pro. Marchisio, désormais conseiller technique et associé de l’agence Circum, observe de près la galaxie bianconera, tout en restant fidèle à la Juve qui l’a propulsé au sommet.
Sur le rapprochement entre la direction et l’équipe, Marchisio souligne la nécessité d’une « continuité » inconditionnelle. « Sur le terrain comme en dehors, cette continuité était ce qui manquait ces dernières années », affirme-t-il. Il appelle à accorder sa confiance à Carnevali, Massara et Ottolini, tandis que Spalletti, lui, entame déjà sa deuxième saison à Turin et bénéficie d’un soutien renouvelé.
Autre sujet qui anime les tifosi : la nostalgie d’Antonio Conte. Marchisio rappelle que « Conte est Conte pour la Juve », mais il insiste sur l’importance de regarder vers l’avenir avec une Juve qui doit lutter pour les premières places et viser l’Europe League sans se dérober. « Il faut gagner chaque compétition, et la Coupe d’Europe ne peut pas être laissée de côté », résume-t-il, évoquant un objectif qui résonne dans les travées et les vestiaires.
En ce mercato estival, la Juve a opéré un véritable remaniement avec dix recrues. Et le joueur qui retient l’attention n’est pas le plus médiatisé, mais « l’undici » attendu : le nouveau Douglas Luiz. « Sa technique est indéniable, et il peut encore apporter des buts, ce qui est précieux », assure Marchisio.
Concernant l’attaque, Marchisio est clair : « Kolo Muani peut monter en puissance, mais ce n’est pas un buteur pur. Il faudra trouver les chemins du but autrement, avec Conceição, Nico, et McKennie qui travaillent aussi dans d’autres zones. »
À propos du jeune Davide, qui a déjà signé avec l’Atlético Madrid et connaît les saisons de haut niveau, Marchisio rappelle que « chaque joueur évolue selon les choix et les opportunités du moment ». Le natif de Turin n’est pas encore le buteur principal, mais sa progression illustre l’accès des jeunes au haut niveau et l’ouverture — parfois rare — des clubs à la formation locale.
Le vestiaire remercie Vicario comme un renfort de premier plan, même si les Italiens restent en minorité dans les grands clubs. « Les temps ont changé, les règlements aussi », note Marchisio, tout en appelant à un renouveau plus italien et à une approche plus affinée de la gestion des talents nationaux.
En janvier, quelles cartes peut espérer la Juventus ? « Ceux que j’aimerais voir bouger ne bougent pas toujours à mi-saison, surtout s’ils veulent jouer la Champions. L’Europe peut néanmoins devenir une opportunité pour lancer des jeunes du vivait et tester d’autres profils », explique-t-il, avec l’optimisme mesuré d’un ancien qui connaît les rouages du club et de son centre de formation.
Sur les jeunes du centre et du vivier, Marchisio parle avec bienveillance et pragmatisme: « Destiny est un bon garçon et un attaquant extérieur prometteur ; il a des admirateurs à l’étranger, mais son rêve reste la Juve. Corigliano, Rigo et Rocchetti font aussi partie des éléments à suivre. » Il souligne l’importance d’un cadre qui encourage les talents, sans précipiter leur arrivée dans le top niveau.
Et Davide, ce lien privilégié entre le passé et l’avenir, confie : « Mon fils me dit souvent que Gatti le met la pression sur chaque entraînement. Je suis fier, mais je sais que le chemin peut être long et exigeant. »
Enfin, Marchisio évoque l’actualité de l’équipe nationale et la prochaine rencontre France-Italie. « Ce sera un test exigeant contre Zidane et Olise. Peu importe le résultat, l’objectif reste clair: Mancini a besoin de temps et de continuité pour que l’Italie et la Juve retrouvent leur place sur le toit de leurs compétitions respectives », conclut-il avec la lucidité qui le caractérise.
Note: Le présent article s’appuie sur les analyses et propos recueillis dans les colonnes d’un grand quotidien sportif européen, avec une ligne éditoriale qui met en avant les valeurs et l’histoire de la Juventus et des talents italiens. Nous remercions nos confrères pour leur travail et leur souci de précision.
Points à retenir
- Continuité nécessaire en interne et sur le terrain pour la Juventus, selon Marchisio.
- Spalletti entame sa deuxième saison à Turin avec le soutien du club et des supporters.
- La nostalgie de Conte est naturelle, mais il faut regarder vers l’avenir et viser l’Europe League.
- Nouveau cycle de recrutement : Douglas Luiz est perçu comme le facteur clé du milieu.
- Kolo Muani peut apporter du dynamisme sans être un buteur classique; il faudra varier les solutions offensives.
- Les jeunes du vivier — Destiny, Corigliano, Rigo, Rocchetti — auront davantage d’occasions à l’avenir.
- La présence de Vicario est un atout notable dans un contexte où les Italiens restent peu représentés dans les grands clubs.
En fin de compte, je vois une Juventus qui cherche à conjuguer héritage et modernité, entre les leçons du passé et les opportunités du present. Si le club parvient à maintenir cette ligne de conduite et à donner du temps à ses talents, il pourrait bien écrire une nouvelle page de son histoire. Pour ma part, en tant que journaliste, j’observe avec attention ce cycle de continuité et d’audace — et j’invite chacun à réfléchir à la manière dont la Juve peut devenir aujourd’hui non seulement compétitive, mais aussi exemplaire dans sa gestion des jeunes et de la formation.