Les performances décevantes de Remco Evenepoel et Wout van Aert lors du Championnat du monde sur route à Montréal suscitent la critique en Belgique.
« C’est inexplicable qu’ils aient été aussi loin dans le classement », a écrit l’ancien coureur Jan Bakelants dans une chronique pour Het Laatste Nieuws.
Evenepoel, qui avait auparavant remporté le contre-la-montre du Mondial, et van Aert s’étaient présentés comme des prétendants, même en l’absence du grand favori du moment, Tadej Pogačar. Au final, lors de la victoire surprise du coureur américain Brandon McNulty, seuls Evenepoel et van Aert ont terminé respectivement 12e et 28e.
Dans l’ensemble, Bakelants estime qu’aucun coureur n’a vraiment répondu présent. « Dans l’équipe belge, il n’y a eu personne qui ait atteint ne serait-ce qu’approximativement son meilleur niveau », a-t-il tranché. Selon lui, seul Alec Segaert a « rempli sa mission », mais le reste n’a pas convaincu : « Je dois être strict : tout le monde a échoué. »
Le jugement est également sévère sur le reste du collectif. « Où était notre groupe “intermédiaire” ? Tiesj Benoot ? Thibau Nys ? Gianni Vermeersch ? Maxim Van Gils et Quinten Hermans se sont joints une fois à une attaque, et c’était à peu près tout. Est-ce qu’on peut vraiment appeler ça grand-chose ? »
Et comme les autres favoris n’ont pas non plus dominé l’épreuve, Bakelants estime que les Belges auraient dû mieux se rapprocher du niveau des meilleurs. « On pouvait s’attendre à ce qu’ils s’approchent du niveau des leaders », conclut-il, visiblement frustré.
Le Mondial belge : « plutôt une catastrophe qu’une stratégie intelligente »
Le vétéran, habitué des départs sur les grandes routes avec une expérience sur le Tour de France et des victoires d’étape, Serge Pauwels, se retrouve aussi mis en cause.
D’après Bakelants, l’heure est désormais à l’analyse : il faut identifier ce qui a fait dérailler la Belgique au Canada.
« La Belgique était l’équipe avec les meilleures chances, mais c’était plutôt une catastrophe qu’une stratégie bien pensée », écrit Bakelants. Et d’ajouter, en visant particulièrement Evenepoel et van Aert : « On aurait presque l’impression qu’ils ont mangé quelque chose de pas très frais. »
Points à retenir
- Evenepoel et van Aert, malgré un statut de favoris, finissent loin des attentes (12e et 28e).
- La critique de Bakelants ne vise pas seulement les leaders : il estime que l’ensemble du collectif belge a manqué de répondant.
- L’interrogation revient : où était le “groupe intermédiaire”, capable de peser au moment clé ?
- Comme plusieurs favoris ont aussi été en difficulté, la Belgique aurait eu une marge pour mieux se placer—même sans surclasser tout le monde.
- La question finale n’est pas seulement sportive : elle porte sur la préparation, la lecture de course et la stratégie.
À lire ces critiques, je me dis surtout une chose : dans un Mondial sur route, le talent ne suffit pas toujours—encore faut-il être au bon endroit, au bon moment, avec le bon plan… et le bon “régime” (promis, je n’ai pas vérifié le frigo de personne). Plus sérieusement, entre l’écart constaté à Montréal et les responsabilités évoquées, on touche à un débat de fond : comment une équipe peut-elle partir avec des chances réelles et terminer avec autant de frustration ? En tant que journaliste, je trouve que ce type de remise en question—quand elle est argumentée et pas juste rageuse—peut justement faire avancer le sport, plutôt que de laisser la poussière retomber toute seule.