La Suisse s’est imposée face à la Colombie lors de la séance de tirs au but, grâce au penalty tiré par Rubén Vargas lors du cinquième lancement. Ce fut un match sans grand rythme, où la Suisse a cherché à déstabiliser les Cafeteros à partir d’un bloc médian-bas qui a neutralisé les Colombiens. Les portiers des deux équipes ont peu été sollicités sur l’ensemble des 120 minutes, et Campaz a manqué une occasion franchissable à la 115e minute. Avec cette victoire, la Suisse égalise sa meilleure performance en Coupe du Monde et affrontera l’Argentine de Messi en quart de finale.
Un début de match peu rythmé
Les deux sélections ont abordé la rencontre de manière conservatrice. L’objectif commun des entraîneurs était d’éviter les erreurs et de s’appuyer sur l’ordre pour gagner du terrain, des deux côtés du terrain, européens comme sud-américains.
Les Cafeteros se sont repliés en défense en deux lignes de quatre, avec James Rodríguez et Luis Suárez qui pressaient les défenseurs adverses. Quand le duo Madrid-Lerma s’emparait des positions avancées, Jhon Arias passait sur le flanc droit et Luis Díaz partait depuis la gauche. Le duo défensif était épaulé par un double pivot composé de Gustavo Puerta et Jefferson Lerma. Toutefois, ce contrôle du match ne se traduisait pas par des occasions nettes.
Ce n’est qu’à la vingtième minute que l’on a réellement pris conscience que Kobel, le portier suisse, était en forme. Gustavo Puerta l’a démontré avec un tir qui prenait de l’effet, et qui n’a pas franchi le gardien du Borussia Dortmund grâce à une belle intervention.
La Suisse s’installait dans un 5-4-1 quasi-imperméable. « Le meilleur attacke est une bonne défense », a peut-être pensé l’entraîneur Murat Yakin, car, même en privilégiant la défense, une occasion a bien failli arriver juste avant la mi-temps sur un tir de Rieder qui a obligé Camilo Vargas à la parade.
On est arrivés à lapause sans autre émotion que cette paire d’occasions: une pour chaque camp. Le match se déroulait loin des deux surfaces et Colombie tenait le ballon sans parvenir à percer le verrou helvète.
La Suisse accroît la pression après la pause
À la reprise, la Suisse a pris le contrôle du jeu et a affiché davantage d’intentions offensives. Sow, entré en cours de jeu, s’est créé une opportunité sur un contrôle orienté vers l’attaque et a tenté sa chance dans la foulée, sans succès.
Quelques minutes plus tard, Rider a presque surpris de la frappe directe; c’était proche mais sans réussite. Malgré une Nati plus proactive ballon au pied, le bloc colombien restait solide et les espaces pour percer restaient rares.
La seconde période a été similaire à la première: peu d’adrénaline et de nombreuses possessions peu productives. La Colombie semblait être moins à même de reprendre le contrôle, et son énergie baissait alors que le temps avançait, peut-être conscients d’approcher des quarts, tout en sachant que Messi les surveillait du coin de l’œil. Le rythme plombé des deux équipes, plus typique d’un tour de groupes que d’un huitièmes de finale, a persisté jusqu’à la prolongation.
Au début de la prolongation, le but pouvait venir des deux côtés
Colombie a menacé par la tête de Lucumí sur corner, mais le tir répondu par Vargas s’est éteint après une très belle intervention. Réplique suisse peu après: un tir lointain d’Amdouni, capté par Vargas en décidant de se coucher pour éviter le but. Puis Jaminton Campaz a décoché une frappe qui a pris une trajectoire dangereuse et a fini en dehors de peu.
Dans les dernières minutes de la prolongation, Juanfer Quintero a tenté de hisser le jeu offensif de son pays. Le moment le plus net est arrivé à la 115e minute, lorsque Campaz a manqué une occasion en face-à-face après une erreur de Granit Xhaka, le tir passant au-dessus du cadre. Rien d’autre ne s’est décidé avant la séance de tirs au but.
Les échecs de Cucho Hernández et Davinson Sánchez sur les tirs au but ont coûté la Colombie. Akanji a lui aussi manqué pour la Suisse, mais ses coéquipiers ont été plus efficaces dans le cadre de la série, et Rubén Vargas a inscrit le tir décisif.
Points à retenir
- Un match équilibré dans lequel les deux blocs défensifs ont limité les ouvertures vers les surfaces dangereuses.
- Des gardiens à l’honneur: Kobel a tenu à distance les tentatives adverses et Vargas a sauvé les siens avant les tirs au but.
- Les attaques n’ont pas su convertir les phases de possession en occasions claires, malgré une légère montée en intensité après la pause.
- Les remplacements ont apporté une dose de dynamisme sans bouleverser le rythme global du match.
- La Suisse affrontera l’Argentine de Messi en quart de finale, preuve que l’équilibre défensif peut cohabiter avec l’exigence du haut niveau.
En tant que lecteur, je me demande quelles améliorations les deux équipes devront apporter pour franchir les derniers obstacles dans ce tournoi: l’audace offensive ou la maîtrise du tempo dans les moments clés, tout en restant fidèles à leur identité.
En tant que journaliste engagé, je crois que ce match illustre parfaitement que le football moderne récompense l’organisation et la précision dans les détails, et que chaque décision peut changer le destin d’un pays dans une compétition où chaque minute compte.