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Illustration football

Le président Donald Trump brandit une carte rouge aux côtés du président de la FIFA Gianni Infantino dans le Bureau ovale, le 28 août 2018.AP

Pour LesNews, alors que l’équipe nationale masculine de football des États-Unis se prépare à affronter la Belgique lundi soir, la question n’est pas de savoir si leur style de jeu agressif et rapide peut battre un adversaire qui les a humiliés 5-2 en mars, mais ce que le rôle de Donald Trump dans la décision de suspendre l’attaquant vedette Folarin Balogun pour un match signifie pour l’intégrité de la Coupe du Monde.

FIFA, l’instance dirigeante du football international, a dimanche suspendu la sanction d’un match infligée à Balogun en appliquant l’article 27 de son code disciplinaire, qui lui permet d’annuler ou de retarder une suspension sans explication. L’organisme aurait pu simplement indiquer que le système vidéo d’arbitrage des officiels n’avait pas été appliqué correctement en présentant des ralentis et des images fixes pour évaluer la gravité de la faute de Balogun — ce qui est habituellement contraire au protocole — mais il ne l’a pas fait.

La réaction de l’autre côté n’a pas tardé à surgir.

Des informations ont indiqué le même jour que le président Trump avait téléphoné à Gianni Infantino, le président de la FIFA, quelques heures après le match de mercredi, lui demandant d’examiner la suspension — le premier de ce qui aurait été trois appels similaires.

Dimanche, Trump a ensuite remercié la FIFA dans une publication sur Truth Social pour avoir « inversé une grande injustice » en suspendant la suspension de Balogun. Dimanche matin, la FIFA a donné à la Belgique le droit de faire appel contre cette décision — et a aussitôt rejeté l’appel belge le même jour, précisant qu’étant donné que la fédération belge n’était pas partie à la procédure, elle n’avait « aucune légitimité à faire appel ». 

UEFA, l’instance européenne régissant le football, a estimé que la FIFA avait franchi « une ligne rouge » avec cette démarche. « Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ses garants, l’intégrité du jeu est en jeu et la crédibilité d’une compétition est compromise, » a-t-elle ajouté.

La fédération belge a déclaré qu’elle n’avait pas reçu d’explication sur la décision et qu’elle resterait ouverte à toutes les options, laissant entrevoir une contestation possible devant le Tribunal arbitral du sport (TAS/CAS).

Si ce n’est pas la première controverse entourant une décision de FIFA en cours de match — notamment des allégations de manipulation dans le passé — ce nouvel imbroglio donne déjà un précédent alarmant. La France a ainsi demandé à la FIFA d’annuler le carton jaune infligé à Michael Olise contre le Paraguay. L’entraîneur anglais Thomas Tuchel a même plaisanté en suggérant que Trump pourrait aider à faire revenir le carton rouge de Jarell Quansah contre le Mexique.

Comme l’écrivait Christina Unkel, une ancienne arbitre et responsable sportive, sur X dimanche, le refus de FIFA d’exposer les motifs soulève différentes questions et invite d’autres pays à faire peser leur poids politique pour contester des décisions arbitrales, même si aucun autre dirigeant n’entretiendra, comme Trump, une relation aussi étroite avec le dirigeant suprême de la FIFA.

Quelles que soient l’issue de l’appel belge et la demande française, le rôle de la Maison-Blanche dans cette controverse devrait accompagner Balogun au long de sa carrière internationale — même s’il n’a pas demandé de reversal. Balogun a fait preuve d’un esprit fair-play face au carton rouge: il a serré la main de tous les officiels après le match mercredi, puis a expliqué aux journalistes qu’il acceptait la décision de l’arbitre.

« On peut ressentir quelque chose d’injuste, mais ce n’est pas une excuse pour ne pas faire ce qui est juste », a-t-il déclaré. « À chaque match, j’essaie de serrer la main à l’arbitre, et ce match ne déroge pas à la règle. C’est important de donner le bon exemple à ceux qui regardent. »

Une réflexion que FIFA pourrait prendre en compte.

Bon à savoir

  • La décision de suspendre ou de différer une sanction peut influencer la manière dont les fédérations interprètent et contestent les décisions disciplinaires à l’avenir.
  • La transparence sur les motifs des décisions arbitrales demeure un enjeu récurrent dans le football international et peut nourrir des tensions entre les acteurs étatiques et sportifs.
  • Le rôle des autorités politiques dans les affaires sportives peut susciter des débats sur l’indépendance des organes sportifs et sur les garanties procédurales pour les joueurs.
  • Les recours potentiels devant le TAS (CAS) restent une voie possible pour les fédérations seeking à faire avancer leurs arguments sur des questions de procédure et d’interprétation des règles.
  • La réaction des associations européennes et leur souci de préserver l’intégrité et la crédibilité des compétitions soulignent l’importance de règles claires et équitables pour tous les participants.


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