Les victoires “au vert” se multiplient depuis quelque temps : sur le circuit ATP, les séries tournent souvent autour de formats en trois manches. Entre les titres de Brisbane et de Dubaï, la finale à Indian Wells, puis les récentes demi-finales à Rome ou encore sur la pelouse de Hertogenbosch, le joueur concerné a refait surface dans le top 10.
Mais voilà, quand on arrive aux tournois de Grand Chelem, l’ambiance change. Ancien numéro un mondial et vainqueur de l’US Open 2021, il semble désormais marquer le pas dans les grands rendez-vous — un constat qui s’accompagne d’une inquiétude assez claire : l’impression d’un déclin qui se remarque surtout… au moment où il faudrait être au sommet.
Après une sortie précoce à Roland-Garros, le parcours s’est arrêté dès le troisième tour face à l’Allemand Jan-Lennard Struff (74e mondial). Résultat : 7-6 (4), 7-6 (5) et 7-5. Sur le papier, ce n’est pas une catastrophe “catastrophique”. Sur le court, ça ressemble quand même à un signal d’alarme.
Le Russe Daniil Medvedev (30 ans, numéro 9) a lui aussi connu une période difficile : il est bien établi dans l’élite, mais à 30 ans, ne pas réussir à rivaliser avec les meilleurs dans les Grand Chelems pèse forcément davantage. Pas parce qu’il “n’a plus le niveau”, mais parce que le niveau, justement, se joue là où ça compte le plus.
Pour nuancer, Medvedev a quand même atteint les huitièmes à l’Open d’Australie, son meilleur résultat sur les deux dernières saisons. Sur sept tournois, le bilan s’établit à six matchs gagnés pour sept perdus — un chiffre qui ne crie pas la domination, mais qui confirme aussi qu’il reste accroché.
À Wimbledon, le tableau est un peu plus positif : des demi-finales en 2023 et en 2024. Sa dernière finale “majeure” remonte à l’Open d’Australie 2024. Bref : il sait faire du bruit, il lui faut seulement la bonne trajectoire jusqu’au bout.
De son côté, Struff, ce “guerrier” de 36 ans qui ne semble jamais vraiment épuisé, fera ses débuts en huitièmes à Wimbledon face au Polonais Hubert Hurkacz. Un duel de puissants, avec le gaz bien ouvert — et deux profils capables de punir au service, surtout quand la pelouse donne un avantage aux coups qui fusent.
Struff connaît déjà les huitièmes à Roland-Garros (en 2019 et 2021), et il a aussi atteint ce cap à l’US Open en 2025. Par contre, jamais encore il n’est allé plus loin que ce stade dans un Grand Chelem. Dimanche, il aura une quatrième occasion de franchir un palier — et cette fois, il aura peut-être l’addition à portée de raquette.
Points à retenir
- Les “bons moments” actuels se construisent surtout sur des tournois qui laissent plus de marge ; les Grand Chelems, eux, ne pardonnent pas beaucoup.
- La performance de Medvedev est réelle, mais le bilan récent laisse entendre que la constance au très haut niveau manque encore au moment décisif.
- Struff et Hurkacz, sur gazon, c’est typiquement le genre de match où le service peut devenir le meilleur arbitre… même si le tennis n’aime pas qu’on le compare à une loterie.
- Pour Struff, la question n’est pas “est-ce qu’il arrive ?”, mais “est-ce qu’il passe ?” : les huitièmes sont là, les quarts sont l’étape suivante.
Au fond, je trouve que ce que raconte l’évolution récente, ce n’est pas seulement une forme de décalage chez certains joueurs : c’est surtout la preuve que les Grands Chelems ne récompensent pas uniquement le talent, mais aussi le moment psychologique, la lecture des matchs et la capacité à enchaîner quand tout se tend. Et comme journaliste, je me dis que ça mérite mieux que des “oui mais…“ : on attend du tennis qu’il soit à la hauteur des rendez-vous qui font vibrer le public, pas seulement de ceux où les trajectoires se lissent. Alors, la discussion est ouverte : qui, cette fois, saura transformer l’élite… en résultats ?